20% de bio en 2022 : s’agit-il bien de… 20%?

Laurence Maillart-Méhaignerie, députée et Joël Labbé, sénateur, le 7 novembre 2018. Deux acteurs impliqués de près dans la loi Egalim.

Jusque dans les rangs des députés et sénateurs, le doute s’est parfois installé au cours des discussions et votes de la loi Egalim. On entend souvent dire que le texte fixe « l’objectif d’atteindre 50% d’alimentation durable dont 20% de bio ». Dit comme ça, deux types calculs sont permis : si on parle de 20% de 50%, cela donne au final 10% du total des produits en bio. Mais si on raisonne sur 100% du bouquet alimentaire, alors on est bien à 20%.

Lors de la journée des Victoires des cantines rebelles 2018 à Paris, nous avons demandé à la députée Laurence-Maillart-Méhaignerie et au sénateur Joël Labbé, très engagés dans la défense du bio à la cantine, de préciser de quoi il s’agissait. De fait, il fallait bien comprendre « 20% du total des denrées entrant dans la composition des menus », ont confirmé les deux élus. Du reste, le texte adopté définitivement par l’Assemblée nationale le 2 octobre dernier précise les attentes : « Au plus tard le 1er janvier 2022, les repas servis dans les restaurants collectifs dont les personnes morales de droit public ont la charge comprennent une part au moins égale, en valeur, à 50 % de produits répondant à l’une des conditions suivantes, les produits mentionnés au 2° du présent I devant représenter une part au moins égale, en valeur, à 20 % ». On vous laisse le plaisir de découvrir le 2° du présent I ici, qui confirme bel et bien qu’un objectif de 20% de bio est attendu dans la publication prochaine des décrets d’application de la loi. On ajoute que la bio en conversion est également incluse dans le calcul des 20% : un signal positif et une bonne nouvelle pour les producteurs qui s’engagent sur la voie d’une nouvelle agriculture.

Reste à savoir comment, en l’absence d’obligation, ce seuil de 20% sera atteint et, surtout, comment il sera officiellement mesuré. À moins d’engager des audits comme le propose le label « En cuisine » d’Ecocert, le flou risque de dominer, sachant qu’il s’agit bien de 20% de bio en valeur d’achat et non en nombre de composantes d’un repas… Mais chaque préoccupation en son temps !

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