Pour Noël, festoyez comme à la cantine !

Non, non, l’idée n’est pas saugrenue. Certains d’entre vous l’ont découvert cette année, le livre de recettes d’Un Plus Bio « Je veux manger comme à la cantine bio ! », aux éditions terre Vivante, est un ouvrage unique destiné à balayer les idées reçues sur nos cantines. En une cinquantaine de recettes de saison, les équipes de restauration collective du réseau Un Plus Bio montrent que manger simple quand on est nombreux, bio et pas plus cher, c’est possible. Alors, entre les récurrents foies gras et saumons, si vous faisiez cette année une place à l’ingéniosité des chefs cuistots des cantines du réseau Un Plus Bio ?

Nos idées de plats pour un Noël différent !

  • En entrée : tarte aux poires et au roquefort / soupe de citrouille aux pois chiches.
  • En plat : tajine de poulet à la courge / waterzoi de poisson.
  • En dessert : fondant orange-amades / milla charentais/ gâteau coco.

Toutes les recettes à retrouver dans « Je veux manger comme à la cantine bio ! », Un Plus Bio, éditions Terre Vivante, 120 p., 12 €.

Après Noël, devenez guide pour élus !

Pas moins de 2000 exemplaires déjà diffusés, sans compter les copies à la volée de mail en mail. Les municipales approchent, les 15 et 22 mars 2020, et on sait que les cantines y feront une entrée remarquée. C’est le moment où jamais de remettre à vos élus, aux nouveaux candidats, une petite bible tout à fait laïque et engageante sur le thème de la restauration collective. Avec « Cantines bio, le guide pratique des élus », plus personne ne pourra vous dire « On ne savait pas » ! Écrit dans un parler simple et convivial, l’ouvrage signé Un Plus Bio est disponible en ligne ou en version papier auprès de l’association. Passer au bio et au local, développer la démocratie du territoire par l’assiette, et engager tous les acteurs sur la voie de réussite n’aura plus de secret !

Sur l’île d’Oléron, un grand merci à l’oncle Sam

Au-delà de la spectaculaire bataille médiatique livrée par la mairie de Dolus contre l’enseigne McDonald’s, un profond travail moins connu sur l’alimentation insulaire a redonné un lustre brillant à la démocratie locale.

Il y avait eu, souvenez-vous, le précédent de Millau : des paysans, moustachus pour la plupart, déterminés à fendre une légion romaine aux accents texans qui tentait de s’installer dans la province aveyronnaise. De cette joyeuse pagaille gauloise, on retient la fin : un McDo démonté contre toute forme de respect de la loi, un procès fortement médiatisé, enfin l’ouverture validée de l’enseigne américaine.

Vingt ans plus tard, la société a changé, mais les valeurs semblent rester au pays de la bonne bouffe et des 365 fromages. Et voilà qu’une nouvelle bataille est menée, cette fois par des élus locaux et une partie des habitants de l’île d’Oléron. Contre le géant américain dont la France est la première succursale juste après les États-Unis, Grégory Gendre et son équipe remuent terre et ciel pour empêcher la digue contre la junk-food de céder. Ce sera en vain, il faut bien l’avouer, car priver la population de l’accès au droit d’avaler un bon hamburger et des frites formatées est interdit par la loi…

« J’ai découvert un truc de fou »
Grégory Gendre, maire de Dolus.

La Cailletière, ancienne colonie de vacances reconquise par les habitants, nouveau lieu de vie nourricier. Photo DR Banque des Territoires

Mais en réalité, ce ne sera pas si vain que ça, bien au contraire. Ce qu’on a moins vu à Dolus, c’est l’émergence bouillonnante d’idées neuves qui ont rassemblé la population au-delà des espérances. Lauréate des Victoires des cantines rebelles à Paris en novembre dernier, la commune emmenée par le jeune élu, ancien porte-parole de Greenpeace et membre actif du Club des Territoires Un Plus Bio, a fait des pas de géant sur le thème de l’alimentation durable et de la triple santé humaine, environnementale et sociale de son territoire. À cette heure, les enfants des cantines mangent majoritairement bio, local et de saison. C’est évidemment très bien, mais ce n’est pas tout. Grégory Gendre distingue trois grands résultats éclairants dans la prise de conscience et la réappropriation du destin insulaire par ses habitants.

« J’ai découvert un truc de fou, c’est combien la cantine dont j’imaginais qu’elle était seulement un objectif parmi d’autres est en fait à la base, la fondation d’un projet démocratique commun, résume le maire. L’assiette est au cœur du débat, il n’y a pas plus politique. Je vois aujourd’hui des prétendants à la présidence de la communauté de communes et des élus voisins qui demandent à visiter les chantiers qu’on mène, alors qu’hier encore ce n’était que des querelles de personnes… »

L’autre avancée liée à l’alimentation est culturelle. Depuis que Dolus s’est engagée dans une transition de fond, elle agrège à elle les bonnes énergies, les volontés et les talents. Jamais le festival d’art de rue ni le marché hebdomadaire nocturne du lundi n’ont été aussi prisés des habitants qui retrouvent de grands moments de partage. Enfin, cerise sur le gâteau, il y a cette réussite « systémique » de la Cailletière. Une ancienne colonie de vacances livrée à la friche, rachetée par la ville en 2008 et devenue, en 2018, un laboratoire d’initiatives citoyennes dont la terre arable de l’île est l’écrin. On y trouve un espace test agricole tout neuf, géré par le réseau Reneta, qui va permettre à deux puis trois candidats d’apprendre à découvrir et à durer dans le difficile métier de la relocalisation agricole. On y trouve aussi des jardins partagés, d’où sortent chaque jour des kilos de légumes, et mille autre choses immatérielles qui permettent de se sentir appartenir à un territoire soucieux d’un bel avenir durable…

De là à dire merci au géant du hamburger pour avoir ainsi bouleversé la donne, il n’y a qu’un pas… qu’on se gardera de franchir, tel un pont qui relie l’île au continent !

Victoires des cantines rebelles 2019 : découvrez les 10 lauréats !

Pour leur engagement en faveur d’une restauration collective bio, locale, saine et juste, les lauréats des Victoires des cantines rebelles organisées à Paris ce mercredi 6 novembre, sont, parmi 27 nominés :

Catégorie Communes

Moins de 300 repas /jour :

  • Dolus d’Oléron (17) : sur l’île du même nom, une commune en transition avec 50% de bio dont un tiers en local dans les assiettes, des ateliers cuisine, un espace test d’installation agricole, etc.

De 300 à 3 000 repas /jour :

  • Miramas (13) : dans une ville à forte mixité sociale, le pari d’une alimentation accessible à tous avec une forte implication des équipes d’éducation : 35% de bio, gestion concédée, jardins partagés, etc.

De 3 000 à 20 000 repas/jour (ex-aequo):

  • Dijon (21) : passage en quelques années de 10% à 36% de bio, sans surcoût pour les familles ni la collectivité, grâce à: -40% de gaspillage, un portage politique fort, des services municipaux qui travaillent main dans la main.
  • Fontenay-sous-bois (94) : 45% de bio, une approche transversale pertinente : des producteurs bien rémunérés, mise en place du zéro plastique, tous les déchets valorisés…

Très grandes villes :

  • Paris : Plan alimentation durable 2020 en passe d’être atteint (50% de bio dans les cantines) et un travail exemplaire mené dans les crèches qui atteignent 62% de bio.

Catégorie Départements

  • Le Gers : premier département bio de France, la collectivité a mis en place un programme alimentaire ambitieux dans les collèges avec 26% de bio dont la moitié en local. Chaque établissement est labellisé niveau 1 du label « En Cuisine » (Ecocert). Politique d’essaimage vers les écoles élémentaires et les crèches.

Catégorie Associations

  • ACENA : en Nouvelle-Aquitaine, des groupements de commande dans chaque département pour relocaliser les achats et sortir les produits ultra-transformés des marchés publics.

Catégorie Établissements

  • Collège Jean-Rostand (30) : 38% de bio, premier collège du Gard labellisé « En Cuisine », beaucoup d’actions avec les ados, au moins un plat végétarien chaque semaine, du fait maison majoritaire, etc.

Catégorie Intercommunalité

  • La communauté de communes du Royans-Vercors : une politique alimentaire portée collectivement par plusieurs communes et le pôle social, un escape game de l’alimentation, originalité et dynamique d’équipe…

Prix spécial du jury / courage politique

  • La commune de Langouët (35) : le maire Daniel Cueff et son arrêté anti-pesticides pour protéger les habitants de sa commune. Cette décision a été  annulée par le tribunal administratif mais a relancé la controverse sur l’usage des pesticides utilisés en agriculture et qu’on retrouve dans l’alimentation. Ce n’est pas tout, Langouët est aussi une des premières communes de France a être passée au 100% bio dans ses assiettes !

Et si j’adhérais à Un Plus Bio en 2020 ?

Une petite page de réclame, ça ne fait jamais de mal. Les bulletins d’adhésion 2020 à l’association Un Plus Bio et au Club des Territoires sont en ligne depuis aujourd’hui-même. Envie de rallier un mouvement qui, combinant grande ambitions et modestie face à l’ampleur du changement, participe au mieux manger sur tous les territoires ? Rien de plus simple, rendez-vous ici.

Le guide des élus : déjà plus de 1000 lecteurs !

déjà Lancé officiellement le 9 septembre dernier, « Cantines bio : le guide pratique des élus », tiré à 10 000 exemplaires papier, vient de franchir le millier d’internautes qui l’ont téléchargé, sans compter ceux qui l’ont renvoyé vers leur propre carnet d’adresses. Pour rappel, ce « guide de première nécessité politique », comme l’a dit sur France Culture le journaliste et co-fondateur de la plate-forme « Alimentation générale » Pierre Hivernat, s’adresse à tous les élus ou candidats aux élections municipales de mars 2020. Mais dans les faits, tout le monde est intéressé : établissements, cuisiniers, associations, citoyens… Et pourquoi pas vous ? Rendez-vous ici.

Victoires des cantines rebelles : découvrez les nominés du 6 novembre !

La grande journée de fête, c’est à Paris le 6 novembre, avec une foule d’intervenants précieux et des parrains politiques dont la maire de Paris, Anne Hidalgo et l’ancienne ministre de la culture Françoise Nyssen.

(Re)découvrez le programme de la journée, animée par le journaliste Laurent Mariotte. Et aussi leformulaire d’inscription..

And the winner is : bienvenue aux cantines rebelles ! Pour leur quatrième édition, les Victoires vont distinguer les collectivités, structures de restauration et autres collectifs citoyens qui font bouger l’alimentation en restauration collective. trois parrains officiels : Anne Hidalgo, maire de Paris, Françoise Nyssen, présidente d’Actes Sud et ancienne ministre, Joël Labbé, sénateur du Morbihan. Parmi les intervenants de la journée pour des débats riches en saveurs et en propositions : le chercheur François Collart-Dutilleul, le président de la Safer-Occitanie Dominique Granier, l’éleveur bio co-fondateur du réseau Manger bio Vincent Rozé, le maire de Langoüet Daniel Cueff, Fanny Lacroix présidente du collectif « Tous et maintenant, réinvestir la vie publique »…

Les marraines, le parrain : Anne Hidalgo, maire de Paris, signataire du plan Alimentation durable 2020, soit 50% de bio dans les assiettes, et un formidable travail mené dans les crèches. Françoise Nyssen : l’ancienne ministre de la culture avait fait introduire le bio dans le protocole des repas. Avec son mari Jean-Paul Capitani, elle a mis le 100% bio au menu de la cantine d’Actes Sud et dans leur école alternative fondée à Arles. Joël Labbé : on ne présente plus l’homme de la loi Zéro Phyto, sénateur du Morbihan, qui réussit à faire bouger les lignes au Sénat, une enceinte connue pour être rebelle… au changement !

Cette année, huit catégories distingueront autant de lauréats parmi 24 nominés dont les candidatures ont été passées au crible d’un jury d’experts ce mercredi 16 octobre à Paris. Un coup de cœur pour « le courage politique » sera également décerné à une commune surprise.

Petites communes (jusqu’à 300 repas) :

Dolus d’Oléron, Cussac-Fort-Médoc, Lauris.

Communes moyennes (300 à 3000 repas) :

Miramas, Monein, Le Rouret.

Grandes villes (3000 à 20 000 repas) :

Dijon, Fontenay-sous-bois, Rennes.

Très grandes villes (plus de 20 000 repas) :

Paris, Bordeaux, Toulouse.

Départements (restauration des collèges) :

Le Gers, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis.

Associations :

Acena, CinéFabrique, La Soupape.

Établissements :

Collège Jean-Rostand, crèches Éponyme, lycée Kieffer.

Agglomérations / Parcs naturels régionaux :

Communauté de communes du Royans-Vercors, CC Val de Drôme, PNR du Lubéron.

Retrouvez :

  • le programme complet.
  • le formulaire d’inscription. Attention, plus que quelques places disponibles !

Obligation d’un repas végétarien à la cantine : même pas peur !

À partir du 1er novembre, la loi Egalim impose l’introduction d’un repas non carné chaque semaine dans les cantines. Depuis plusieurs jours, le débat grandit dans l’opinion, entre pros, antis et indifférents. Un Plus Bio propose de remettre la balle au centre.

« C’est une question qui pique les gens », reconnaît Stéphane Veyrat, directeur d’Un Plus Bio. « Il y a une appréhension légitime en cuisine à se voir imposer une fréquence hebdomadaire, la raison est à la fois technique et culturelle. Technique, parce que les infrastructures de la restauration collective sont taillées pour préparer de la protéine animale, faire évoluer les process d’un coup peut donc engendrer des difficultés de savoir-faire. Mais il y aussi l’aspect culturel car, depuis toujours, l’organisation des menus fait un étalage des protéines animales au point de braquer les habitudes et les consciences dès qu’on parle de variante végétale. Pourtant, les multiples réussites au sein de notre réseau montrent que c’est non seulement possible, économique, astucieux et goûteux mais également sain pour la santé comme pour l’environnement… » Dernier argument défendu par Un Plus Bio : réduire les coûts grâce à la protéine végétale permet d’acheter une viande de meilleure qualité et de consolider les filières vertueuses. En résumé : vive les bêtes élevées au grand air, haro sur les poulets en batterie !

Pour éclairer la thématique, nous avons choisi de demander aux acteurs du réseau Un Plus Bio, et au-delà, de donner leur point de vue. Comme d’habitude, on a privilégié la nuance à la caricature.

Magali Saumade : « Le caractère obligatoire me heurte »

Nouvelle présidente de la chambre d’agriculture du Gard, Magali Saumade est également éleveuse de taureaux de Camargue, en bio. Pour elle, « le fait d’imposer un repas végétarien est un signal négatif envoyé à la filière de l’élevage. Nous sommes d’accord que les études montrent qu’une surconsommation de viande nuit à la santé. Mais il faut éviter d’ imposer par le haut un régime alimentaire. En agissant ainsi, on stigmatise les éleveurs qui, en France, ont pourtant beaucoup évolué dans leurs pratiques. Je parle pour la France et surtout mon département, où on ne compte plus les certifications, en bio, en AOP, et demain en haute valeur environnementale (HVE) niveau 3. Les éleveurs ne sont pas plus en retard que la société civile, ils savent qu’il faut évoluer. En revanche, je renvoie la balle aux élus et responsables de collectivités. S’ils continuent de choisir de la viande industrielle à bas prix et refusent de revoir leurs pratiques d’achats, on n’y arrivera pas ! Enfin, je rappelle que les élevages sont garants du maintien des milieux, ils aménagent et dessinent les paysages. Si on enlevait les éleveurs de bovins, de brebis, de chèvres des Cévennes à la Camargue, ce serait dramatique ».

Thierry Ricard : « On préfère parler de repas environnemental »

À Miramas (13), la restauration est déléguée à l’entreprise Sodexo. Le cahier des charges rédigé par la ville est très exigeant sur le bio, le local, et les cantines sont labellisées « En cuisine » par Ecocert. Pour Thierry Ricard, directeur adjoint du service enfance-éducation, « c’est une erreur d’avoir appelé ça le repas végétarien. Chez nous, on préfère parler de repas environnemental. Pourquoi ? Deux raisons : la première me paraît logique, on le sait tous, le fait de baisser la consommation de viande est bénéfique pour la santé publique comme pour l’environnement. À cet égard, on valorise au maximum les filières courtes sur les légumineuses et les céréales, en bio ou sous label qualité. L’autre raison est politique : on a certaines familles qui viennent nous voir pour nous dire « si vous mettez en place un menu végétarien, on vous demande d’inscrire aussi un menu hallal« . Le repas environnemental s’inscrit ainsi dans une approche laïque et non communautaire, qu’elle soit végétariste ou confessionnelle » Miramas propose une fréquence de quatre à six fois par mois depuis la rentrée 2018. Au menu, par exemple : salade verte en entrée, ravioles farcies au chèvre et à l’ail ou lasagnes aux épinards, gâteau maison en dessert.

Nicolas Meliet : « Ça va dans le sens de l’histoire »

Maire de Lagraulet-du-Gers (32) et agriculteur bio fondateur de la société BioGascogne, Nicolas Meliet avance à marche forcée vers la transition. Sa cantine est 100% bio depuis la rentrée, et le repas végétarien a été institué assez naturellement. « Je pense qu’il va dans le sens de l’histoire et qu’il n’est pas besoin de s’énerver sur la question. Maintenant, s’il fallait manger végétarien 365 jours par an, je ne serais pas non plus d’accord ! Tout est question de bon sens. »

Sa société cultive 2500 hectares de céréales et légumineuses bio, filière sans gluten (sarrasin, lentilles, pois chiches, etc.), et commercialise dans les magasins bio spécialisés.

Nicolas Meliet n’est pas pour autant un lobbyiste de la graine : « Au contraire, l’élevage est une condition indispensable à l’agriculture. Sur ma commune, on essaie d’ailleurs de réintroduire des éleveurs. J’ai acheté pour le compte de la société une grande ferme où je propose aux éleveurs de bénéficier gratuitement des terres à pâturer : les bêtes empruntent les parcours juste après moisson et l’hiver, on fournit gracieusement les abris sur paille dont on récupère le fumier. » Le maire fermier a aussi créé une régie agricole pour fournir tous les légumes de la cantine. Loin du bruit et de l’éventuelle fureur du débat public sur le végétarisme, l’entrepreneur imagine des solutions qui satisfont tout le monde : « Il faut passer à l’action dans la joie et réinventer les fermes ! »

Pour vous éclairer dans la mise en place du repas végétarien :
– fiche Ecocert
– fiche Occitanie
– site végécantines

« Cantines bio : le guide pratique des élus » : pour qui, pour quoi ?

Cliquer sur l’image ci-dessous pour ouvrir le doc.

Un Plus Bio soutient le maire de Langouët dans son arrêté interdisant les pesticides

L’affiche qui invite au soutien public lors de l’audience de jeudi 22 août.

Ce jeudi 22 août, Daniel Cueff, maire de la commune Langouët (Ille-et-Vilaine) dont la cantine est passée au 100% bio et local, est convoqué devant le tribunal administratif de Rennes. L’élu devra répondre de l’arrêté qu’il a pris le 18 mai dernier et qui interdit l’usage des pesticides par les agriculteurs à moins de 150 m des habitations de la commune rurale bretonne. Saisi par la préfète d’Ille-et-Villaine, le tribunal administratif dira si cet arrêté municipal est illégal ou non. Comme d’autres communes, associations, collectifs et habitants, Un Plus Bio déclare son soutien officiel au maire dans sa décision, considérant le courage, l’intérêt et la logique de son combat anti-pesticides. « Il faut montrer notre solidarité avec Daniel Cueff ainsi qu’avec tous les élus qui prennent des décisions courageuses, explique Gilles Pérole, président d’Un Plus Bio et lui-même élu de la commune de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes). Les carences des pouvoirs publics en terme de protection contre les pesticides nous poussent vers un paradoxe inédit : refuser l’emploi des pesticides revient à commettre un délit, même si tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont dangereux pour la santé publique et l’environnement ! Or la mesure de salubrité publique prise par le maire de Langouët n’est pas un délit mais un simple principe de précaution appliqué à l’échelle de son territoire communal pour le bien de ses habitants. »

En France, une petite dizaine de communes ont déjà pris des arrêtés similaires contre l’usage des produits phytosanitaires aux abords des logements, dont Château-Thierry (Aisne), Boussieres (Doubs), Ruelle-sur-Touvre (Charente) ou Perray-en-Yvelines. À chaque fois, les préfectures ont saisi le tribunal qui a annulé ces arrêtés, estimant qu’il s’agit d’un dépassement du champ des compétences par les communes car le pouvoir de police dans l’usage des produits de traitement agricole relève des seuls ministères de la transition écologique ou de l’agriculture, et non des mairies. Affaire à suivre.