Un Plus Bio recrute un(e) animateur(trice)

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Vous avez la fibre écologique et possédez des connaissances solides sur les questions du bio en général ? Vous souhaitez plus précisément vous engager dans la défense des valeurs et des actions qui transforment durablement le paysage de la restauration collective ? Vous êtes motivé(e), capable d’initiative et passionné(e) par le travail en équipe ? Bref, vous brûlez d’impatience de rejoindre le premier réseau national des cantines bio et locales ? Alors cette fiche est faite pour vous, il s’agit d’un poste d’animateur(trice) à pourvoir dès le 5 mars 2018.
Vu les délais, nous vous invitons à user de vos contacts et relais pour diffuser cette offre.

Lancement du diplôme de « chef de projet en alimentation durable »

La première année du DU est parrainée par Cyril Dion et Didier Pérréol (en haut à g.). L’équipe pédagogique, elle, repose entre autres sur les enseignements de (de g. à d.) : Gilles Fumey, enseignant-chercheur en géographie culturelle, François Collart-Dutilleul, docteur en droit spécialiste des politiques alimentaires publiques,Stéphane Veyrat, fondateur et directeur de l’association Un Plus Bio (premier réseau national des cantines bio), Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux, et Denis Lairon, directeur de recherche émérite à l’Inserm

Mouans-Sartoux inaugure ce lundi 15 janvier le DU (diplôme universitaire) de chef de projet en alimentation durable – option collectivités mis en place par l’Université Nice Côte d’Azur. Devenir capable d’élaborer un projet territorial qui s’appuie sur la restauration collective et les enjeux de production durable : le parcours de la formation es’adresse aux :

  • Élus et agents territoriaux administratifs ou techniciens des collectivités territoriales
  • Étudiants ou diplômés en Management administration territoriale
  • Étudiants d’autres parcours ou toute personne soucieuse d’acquérir des compétences

Deux personnalités publiques ont accepté de parrainer cette formation dont le territoire de Mouans-Sartoux (régie agricole municipale, 100% de bio dans les assiettes depuis 2012) est le principal support pédagogique : Cyril Dion, réalisateur du film Demain et parrain des Victoires des cantines rebelles, ainsi que Didier Perréol, président de la fondation Ekibio et ex-président de l’Agence Bio.

Plus d’infos sur le DU ici.

Création du Club européen « Territoires Alimentation Bio »

Relier entre eux les territoires en Europe qui font de l’alimentation durable un pilier du développement agricole, économique, social et de santé publique, tel est l’objectif du tout nouveau Club européen « Territoires Alimentation Bio » (ou sa version anglophone « Organic Food Territories »).
Un Plus Bio, en partenariat avec la ville de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), lance officiellement la création de ce club le 25 janvier prochain à… Mouans-Sartoux. Un projet unique destiné à rassembler au sein de l’Union européenne les villes et territoires dont les démarches d’introduction de bio et de local en restauration collective convergent vers le changement des politiques alimentaires. Plusieurs délégations étrangères sont attendues, en vue d’échanger sur le thème de l’alimentation bio durable et de fixer officiellement les objectifs et les missions du nouveau réseau. Servi et renforcé par l’expérience française d’Un Plus Bio qui regroupe tous les niveaux de collectivités, le Club « Territoires Alimentation Bio » s’adresse à tous : petites et grandes villes et toutes organisations territoriales.

Pascal Légitimus : « Les cantines bio, ça devrait être la règle ! »

L’un des Inconnus les plus célèbres de France est un écolo convaincu. Pascal Légitimus n’a pas attendu le tournant des dernières années pour virer bio. Son art d’associer pratiques personnelles durables et vision d’une société plus juste, nous emmène au cœur des préoccupations du moment. Une fois n’est pas coutume, l’humour laisse place au regard critique. Sans concessions.

L’humoriste est sur les planches pour « Non à l’argent ! » et reprend en 2018 la tournée de  « Légitimus Incognitus ».

Comment sont nées vos convictions écologiques ?

J’ai été élevé comme ça, dans le respect de l’homme et de la nature. De mon éducation, j’ai gardé les principes logiques et naturels selon lesquels de grandes forces majeures régissent le fonctionnement de la Terre où l’homme n’est qu’un maillon de la chaîne. On n’est pas né de rien, on devrait avoir conscience de la nécessité de vivre en interconnexion avec la nature, les humains, la planète. Dans mon esprit, les frontières n’existent pas, Belgique, France, Afrique, Chine, Amérique du sud, tout cela ne veut rien dire. On a tous les mêmes envies de vivre mieux et bien. Malheureusement, la force obscure est là qui rôde, elle prend le dessus et s’immisce au sein des religions, des êtres qui deviennent maléfiques… Pourtant, pas besoin de sortir de Polytechnique pour comprendre que l’amour et la solidarité sont plus vertueux que la haine, l’asservissement et l’exploitation. Je me suis fait mienne cette expression qui veut que « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’autrui te fasse ».

Comment traduisez-vous cette approche dans vos actes quotidiens ?
Je transmets, je diffuse les informations. Au quotidien je fais attention, je ne bois pas, je ne fume pas, je trie mes poubelles. Je vais acheter une voiture électrique, maintenant que cette technologie a fait ses preuves, et aussi un scooter électrique… Je fais gaffe à ce que je mange, j’ai la chance de posséder un jardin de 3 000 m² autour de ma maison, en dehors de Paris, où on fait notre potager en famille, avec l’aide d’un jardinier. On a aussi un espace bio dans les Pyrénées, et on est en lien avec les éleveurs et les producteurs locaux. Et puis on bannit tout ce qui peut être toxique. J’évite les shampooings chimiques, j’ai revu ma manière de manger, en m’éveillant au fonctionnement et à la santé du corps, cette machine subtile et méconnue de la plupart des gens qui mérite qu’on la bichonne, comme une voiture ! Bref, je m’intéresse, même si tout cela ne m’empêchera peut-être pas de crever comme une m… ! Mais au moins, j’aurais tenté de faire ma part. Votre combat pour des cantines bio, ça devrait être la règle, il faut arrêter de manger aussi mal. Ça devrait naturellement susciter l’envie et la curiosité des parents, sauf que le manque de culture et d’intérêt domine, là encore. Qui a envie de s’intéresser au rôle des protéines ou du calcium, des algues, des bienfaits du curcuma, etc… ?

« En France, il manque une conscience collective, c’est chacun pour sa pomme… »

Quels sont les freins qui s’opposent à une société plus vertueuse selon vous ?

Je n’invente rien en disant l’argent, les lobbys, l’égoïsme, la peur. Spécialement en France, il manque une conscience collective, c’est chacun pour sa pomme, on n’est pas éduqués comme une grande famille de 65 millions de membres qui prendrait conscience de sa force. On est coincés par un vaste système de castes et de sous-castes, les éboueurs, les flics, les bobos, les banlieusards, les paysans, les routiers, les infirmières, les… Chacun défend ses intérêts et descend dans la rue quand il est déjà trop tard, aucune culture d’anticipation, c’est le service après-vente qui prime…
Pendant ce temps, des énarques restent dans leur propre caste sans jamais mettre les mains dans le cambouis. Dans d’autres pays, il se passe des choses. À Montréal, j’ai vu au sein d’une entreprise une halte-garderie et en sous-sol une piscine plus un espace pour laver son linge. En France, je trouve qu’on reste encore collectivement assez égoïstes, chacun pour soi et tous pour personne ! Heureusement, il y a des exceptions, tout n’est pas noir, des âmes et énergies bienveillantes essayent de faire bouger le système encrassé.

Du coup, c’était mieux avant, c’est foutu ou ce sera mieux demain ?

Je pense que ça ira de mieux en mieux, mais ce sera très lent. Grâce à l’action de nos enfants, et des leurs plus tard. Ce sont eux qui trouveront les solutions qu’on n’aura pas pu ou voulu mettre en œuvre. Regardez à Paris, on est enfin en train de s’apercevoir qu’on respire mal. Les décisions de la maire Anne Hidalgo pour endiguer les pollutions sont courageuses, mais le chemin promet d’être long : d’un côté on veut encourager les transports en commun, c’est bien, de l’autre on sait que le métro est un énorme nid à bactéries et que c’est l’endroit où on respire le plus mal !
Donc oui, la société évoluera vers le positif, mais quand les hommes y trouveront un intérêt et les lobbys le leur. Pour l’instant, on est encore à un stade archaïque, vous avez Monsanto qui crée des maladies et Bayer qui fabrique les médicaments… C’est le fric qui commande, dans un monde de fausses libertés où l’on sait tous que le politique n’est qu’un prolongement des pouvoirs occultes.

« On ne fait jamais rire avec des choses joyeuses et toutes les comédies reposent sur des drames. »

Dans votre dernier spectacle « Non à l’argent », vous incarnez le rôle d’un homme qui gagne au loto mais renonce à prendre son gain. Dans la vraie vie, vous pourriez refuser ?
C’est tout à fait improbable ! Mon personnage engrange la somme de 162 millions d’euros qu’il refuse, par peur d’être perverti. De là naît tout le comique de situation et une réflexion sur l’argent. Moi, je suis plus solide que lui, j’irais chercher cette somme mais je saurais comment l’utiliser pour qu’elle profite à la société. Ce que j’en ferais exactement ? Je ne sais pas. J’ai 58 ans, mon frigo est plein, ma famille va bien, et il ne s’agirait pas non plus d’en faire cadeau pour qu’il n’y ait plus d’efforts à fournir.

Vous avez passé votre vie à rire et faire rire mais votre discours de citoyen est bien plus sombre que votre personnage des mythiques Inconnus !

Erreur, cher ami, car on ne fait jamais rire avec des choses joyeuses et toutes les comédies reposent sur des drames. Prenez La grande vadrouille, on rit beaucoup, mais dans un contexte d’Occupation. Autre exemple : Tony Curtis et Jack Lemmon, dans Certains l’aiment chaud, sont obligés de se déguiser en femmes musiciennes pour échapper à la mafia et la mort… Dans notre film Les trois frères, on est tous en galère : Didier se fait virer de chez ses beaux-parents, Bernard est un comédien sans succès, moi Pascal je perds mon boulot. Le rire est déclenché parce qu’il y’a un point de vue, une démarche philosophique. Dans mon spectacle Légitimus Incognitus, que je reprends cette année en tournée et la dernière aux Folies Bergères, j’aborde des questions anxiogènes : Daech, en imaginant l’animation d’un Club Med en Syrie, ou l’homosexualité, avec un fils hétéro qui fait son coming out devant ses parents homosexuels. L’humour, c’est juste un paquet cadeau pour emballer les drames qui se jouent dans l’existence.

Recueilli par Julien Claudel

Le Mag’ de janvier 2018 : les leçons de l’Observatoire d’Un Plus Bio

Comment mesurer les évolutions de la restauration collective de qualité ? Le bio est-il vraiment plus cher ? Une collectivité peut-elle se lancer dans une politique alimentaire ambitieuse sans faire exploser ses dépenses ? Manger bio est-il compatible avec manger local ? À ces questions dans l’air du temps, Un Plus Bio apporte de solides éléments de réponse. Notre dossier.
Sans oublier notre invité spécial pour cette édition riche en échanges et en réflexions : Pascal Légitmus, un bioman vraiment engagé !

A feuilleter en ligne ou à télécharger.

 

Nicolas Madet, à Bègles : « Avec les repas alternatifs, on change les habitudes alimentaires »

Depuis 2014, la ville de Bègles (2 400 repas, 35% de bio) propose quotidiennement un double menu, avec et sans viande, et a généralisé un repas alternatif chaque semaine. Avec succès : la demande des convives ne cesse de progresser. Rencontre avec le responsable de la cuisine centrale, lauréat de la Victoire de cantines rebelles 2016.

Nicolas Madet, directeur de la cuisine centrale de Bègles depuis 2009.


Bègles a introduit le repas sans viande avant tout le monde. Pour quelle raison ?

C’est une volonté de la municipalité d’œuvrer globalement pour le développement durable dont l’assiette est un levier important. A l’époque, beaucoup pensaient qu’il s’agissait de se plier aux exigences communautaires de certains convives. Il a fallu du temps pour faire admettre que l’objectif était une alimentation variée et de qualité accessible à tous. Le fait de proposer un repas avec ou sans viande est donc pour nous autant une manière de sortir par le haut du débat autour de la laïcité que de diffuser le message d’une politique alimentaire compatible avec les préoccupations environnementales.

Comment fonctionne le dispositif ?

Un repas alternatif est proposé à tous les convives chaque semaine, généralement le mardi ou le jeudi et, chaque jour, les convives ont droit à un double menu avec ou sans viande. Dans ce dernier cas, il y a donc un menu classique qui intègre de la viande par défaut, et le second, qui contient soit une combinaison de céréales et légumineuses, soit des produits laitiers ou des ovo-produits. On ne s’interdit pas non plus, même si c’est rare, de remplacer la viande par du poisson. Ceux qui souhaitent un repas alternatif doivent le réserver quinze jours à l’avance, afin que la cuisine prévoie en amont les commandes nécessaires et pour limiter le gaspillage. Avec une demande en constante augmentation, entre 250 et 300 repas alternatifs (soit 13 % des 2 400 repas) sont servis tous les jours.

Ces repas coûtent-ils moins cher ? 

Intégrer des denrées qui se substituent à la viande revient globalement moins cher, oui, mais le gain est marginal. L’accès à des céréales complètes et des légumineuses bio reste relativement coûteux car la demande est encore peu courante en restauration collective. C’est évidemment moins cher que la viande mais ça s’aligne sur le coût des œufs ou des produits laitiers. Plus globalement, le prix de revient d’un repas est de 8,11 € pour la collectivité, ce n’est donc pas avec une économie d’une dizaine de centimes qu’on change foncièrement la donne.

Le burger végétal, toujours un grand succès à la cantine.

En 2002, déjà, vous étiez parmi les premiers en France à proposer ce type de menus. Ce fut un échec, pour quelle raison ?

Cette expérience n’avait pas pu durer, en effet. Le repas sans viande n’était pas encore dans l’air du temps, les cuisiniers étaient assez peu formés à de nouvelles pratiques, et les personnes âgées comme les adultes restaient un peu sur leur faim. Il faut dire que les recettes n’avaient pas été réinventées et se limitaient surtout à proposer des plats à base de tofu… Enfin, nous avions imposé ce menu chaque semaine, ce qui était perçu comme une obligation.

« Il s’agit de faire de la cuisine avec les yeux d’un enfant, car c’est lui qui doit prendre plaisir à découvrir une autre alimentation »

Y a-t-il plus de travail en cuisine ?

Plus de réflexion et d’organisation, oui, mais c’est sans incidence sur la charge de travail. À la cuisine centrale, une personne est détachée en production, tandis que les agents qui préparent chaque jour 300 portions de viande en moins libèrent du temps pour de nouvelles tâches. La formation a été capitale pour opérer le changement. Le cuisinier Gilles Daveau, qui travaille notamment pour le réseau Un Plus Bio dont nous sommes partenaires et grâce auquel nous avons reçu la Victoire des cantines rebelles en 2016, a formé les agents en cuisine et les a aidés à progresser dans une démarche de cuisine alternative porteuse de sens et, surtout goûteuse. Car il s’agit de faire de la cuisine avec les yeux d’un enfant, c’est bien lui qui en bout de chaîne doit prendre plaisir à découvrir une forme d’alimentation !

Quels conseils donner aux collectivités qui veulent se mettre en mouvement ?

D’abord investir dans la formation car il faut sortir des manuels de cuisine des CAP de cuisinier et on ne sait pas forcément cuisiner des repas où la viande cesse de jouer un rôle central. Cela vaut aussi bien pour les cuisiniers en préparation que pour les agents de service dans les écoles, lesquels constituent un maillon essentiel dans la transmission des bons messages aux convives à table. Ensuite, il faut un peu de courage : ne pas avoir peur de l’échec au début, les recettes peuvent ne pas plaire au premier coup et il y a des risques de gaspillage. Je dirais aussi qu’il ne faut pas se mettre en danger sur les pratiques en cuisine. Au départ nous voulions absolument faire du 100% maison mais on s’est aperçus que le marché et les transformateurs peuvent être d’un bon secours en proposant des produits intéressants, par exemple des steaks végétariens ou des boulettes combinant des lentilles, des pois chiches et des céréales.

Quel type de recettes remporte l’adhésion des convives ?

C’est assez varié, mais on travaille beaucoup autour des pâtes qui fournissent une bonne base à variantes multiples, avec des sauces tomates évoluées, de la crème fraîche, du soja texturé. Les lasagnes sont très appréciées, comme les quiches aux légumes, les couscous végétariens, les tartiflettes sans lardons -juste des pommes de terre et du fromage -, les méli-mélo de céréales intégrant le sarrasin, le boulgour et les lentilles, ou encore les parmentiers de légumes aux carottes, lentilles corail et purée de pommes de terre. Pour Noël, on va renouveler la recette du burger végétal, toujours plébiscitée, où le pain est remplacé par des galettes de pommes de terre avec au milieu des keftas sans viande et une sauce maison…
Avec les repas alternatifs, on peut dire qu’on a peu à peu réussi à changer les habitudes alimentaires.

Le bio à la cantine trop cher ? L’Observatoire d’Un Plus Bio balaie les idées reçues

Voici les trois enseignements à tirer de la première année d’existence de l’Observatoire de la restauration collective bio et durable, mis en place par Un Plus Bio avec son partenaire Ecocert :
  • Un repas à 20 % de bio n’est pas plus cher qu’un repas conventionnel.
  • Plus de bio n’entraîne pas une dérive des budgets des collectivités.
  • L’augmentation du bio ne repose pas sur les importations.

Notre synthèse à découvrir.

C’est la force d’un outil neuf au service des politiques alimentaires : celle de livrer des résultats d’enquête propres à développer un débat de qualité sur le contenu des assiettes de la restauration collective. Quel est le coût réel d’un repas bio servi à la cantine ? Comment organiser son approvisionnement en bio ? Quelles actions permettent aux collectivités de mettre en place de nouveaux schémas alimentaires ? Convaincus de l’utilité de rassembler des données précises, l’association Un Plus Bio et la société Ecocert ont mené un travail collaboratif pour mettre en place l’Observatoire de la restauration collective bio et durable. Une dizaine d’indicateurs inspirés de la méthodologie du label « En Cuisine » ont été sélectionnés pour mener à bien ces travaux.
Objectif : analyser des pratiques, centraliser des données et les mettre au service des politiques publiques misant sur une restauration collective de qualité. L’Observatoire porte sur l’analyse
des pratiques de 74 collectivités représentant 212 178 repas par jour, servis sur 1 123 sites de consommation. Pour des raisons de fiabilité, les résultats retenus reposent cette année sur la restauration scolaire en gestion directe.

Félix Tuchais, étudiant ingénieur à Montpellier Supagro, présente à Paris le résultat des travaux de l’Observatoire sur lesquels il a planché pendant près de six mois.

 

À Dijon, l’étape riche en débat d’idées du Tour de France d’Un Plus Bio

Didier Thévenet, directeur de la cuisine centrale de Lons-le-Saunier, un des pionniers de la qualité alimentaire en restauration collective.

Relocalisation agricole, montée du bio dans les assiettes, débats et visite de site au menu dans la capitale bourguignonne, elle-même engagée dans des évolutions majeures

De bons débats, de nombreux invités, des représentants du monde politique, économique et associatif local et régional. L’étape dijonnaise du Tour de France des cantines rebelles a été l’occasion très pratique de parler alimentation et développement des territoires. La journée a commencé par la visite de la Maison Roger, le plus grand boulanger de la ville avec 150 employés et un réseau de vingt boutiques réparties dans l’agglomération. Le pain artisanal est fabriqué à partir de farines issues d’une filière relocalisée et financièrement consolidée pour les producteurs (pacte Agri-éthique). La commande publique de la ville de Dijon pour les cantines municipales a également entraîné la naissance d’une activité bio au sein de l’atelier de production.

Plus tard, les invités se sont rejoints à l’hôtel de la métropole, laissé libre pour une présentation des enjeux locaux par Patrice Château, l’adjoint au maire chargé des espaces verts et de la restauration collective : 15% de bio dans les assiettes dijonnaises, un chiffre en progression qui traduit aussi la volonté de développer le local. L’ancien ministre et maire François Rebsamen a en effet fixé un cap d’autosuffisance alimentaire à l’horizon des dix prochaines années sur l’aire urbaine.

Maria Pelletier, présidente de Générations Futures : « Nous avons franchi le seuil de plus de 1000 nouveaux cas de cancers par jour en France. »

À sa suite Maria Pelletier, présidente de Générations futures et elle-même céréalière bio, a rappelé tout l’intérêt de passer à une production agricole biologique sur tous les territoires, expliquant qu’on ne pouvait pas se satisfaire d’avoir « désormais franchi le seuil de plus de 1 000 nouveaux cas de cancers par jour en France ». La tonalité alarmiste du discours contre « les cocktails de pesticides qu’on retrouve dans toute la chaîne alimentaire » a eu le mérite de redonner un cadre aux vraies urgences avant qu’un débat s’engage sur le volontarisme et l’action dont font preuve certains acteurs locaux et régionaux. C’est le cas du projet de légumerie mise au point par un groupe d’insertion par l’économique dans le cadre du Projet alimentaire territorial (PAT) local. C’est le cas également à Lons-le-Saunier, dans le Jura voisin, où le directeur de la cuisine centrale Didier Thévenet a démontré comment la restauration collective était au cœur de la reconquête d’un écosystème local qui, au-delà de la préparation maison de milliers de repas quotidiens, a permis de dépolluer les nappes phréatiques et de faire baisser le prix de l’eau au robinet. Enfin, le témoignage du chef de cuisine gardois Lionel Senpau à Manduel (Victoire de la cuisine vivante en 2016) a donné du baume au cœur à ceux pour qui alimentation de qualité aurait parfois tendance à rimer avec casse-tête pour collectivité !
Après Nîmes au printemps et avant Paris les 14 et 15 novembre prochain, le Tour de France d’Un Plus Bio s’est imposé comme l’enceinte principale des débats de fond en restauration collective engagée.

Quand McDonald’s veut investir l’île d’Oléron, un village résiste

Le maire de Dolus d’Oléron, Grégory Gendre.

Grégory Gendre, maire de Dolus d’Oléron, commune membre du Club des Territoires Un Plus Bio, s’est vu débouter par le tribunal administratif de son refus d’accorder un permis de construire au géant américain de la restauration rapide. Il avait jusqu’au 21 octobre pour donner officiellement le feu vert, sous peine d’une amende de 300 € par jour. Les élus ont décidé de résister, mis au pot commun leurs indemnités pour régler le premier mois et appellent à la mobilisation.

Dolus d’Oléron, ses étendues sauvages, ses ostréiculteurs, ses plages et sa cantine de plus en plus bio et locale. Presque 3 300 habitants et une vie plutôt paisible, du moins hors saison. Car avec 180 000 visiteurs par an, au plus fort de l’été, le village et l’île d’Oléron sont aussi un grand marché qui aiguise l’intérêt et l’appétit des investisseurs. L’enseigne de fast-food McDonald’s, par exemple, a jeté son dévolu sur ce territoire insulaire de Charente-Maritime. Ou du moins essaie, car ce n’est pas toujours simple pour elle et voilà déjà trois ans que s’est engagée une lutte juridique et administrative contre la commune de Dolus.

McDo indésirable sur l’île (la chaîne est déjà présente à quelques encablures, Marennes-Oléron) ? En considérant le premier plan du tableau local, c’est une partie technique subtile qui oppose le maire au géant américain. Sous-dimensionnement présumé du stationnement, risque d’encombrement de la circulation aux heures fastes… « On reste dans le droit de l’urbanisme, les surfaces de planchers, les considérations purement techniques et à cet égard, ce projet nous semble présenter des risques qui nous conduisent à refuser le droit de construire ce qui serait par ailleurs le premier McDo sur une île de la côte atlantique », explique Grégory Gendre. Une position de nouveau défendue devant le tribunal administratif où la commune était attaquée par l’enseigne de restauration et le propriétaire du terrain, lequel, de son côté, aimerait bien faire aboutir sa vente. Mais cette position a été rejetée le 21 septembre dernier, lorsque le juge a enjoint l’ordre à la commune de bien vouloir délivrer un permis en bonne et due forme à McDonald’s d’ici au 21 octobre, sous peine d’avoir à payer une astreinte de 300 € par jour, en plus des 2 000 € de dommages-intérêts déjà notifiés.

Agriculture et alimentation durables contre restauration au rabais ?

Il faut donc regarder le second plan pour mieux comprendre de quelle lutte relève l’opposition entre les parties. Issue des urnes en 2014 avec la ferme volonté de pratiquer une politique durable aussi bien en terme de tourisme que de préservation des espaces naturels et agricoles, la majorité municipale défend la vision d’un développement alimentaire territorial cohérent, dans le cadre d’une transition énergétique, écologique et sociale globale. La restauration scolaire est une des traductions pratiques de cette démarche. Avec près de 40% d’achats consacrés en 2016-2017 aux produits bio servis dans le cadre de quelque 30 000 repas annuels, Dolus vient d’obtenir le niveau 2 de la labellisation « En cuisine » conduite par l’organisme Ecocert. « Nous sommes particulièrement fiers de ce résultat car il concrétise une véritable démarche collective et collaborative associant le personnel de cantine, le personnel administratif, les producteurs locaux, la plate-forme Mangeons bio, le réseau Un Plus Bio, les parents d’élèves et bien entendu les enfants », confie le maire. Donner du sens au développement territorial, voilà le cap municipal. L’idée de voir surgir l’antenne d’une enseigne régulièrement associée à l’image de la malbouffe est ainsi prise très au sérieux par les élus, soutenus dans leurs positions par plusieurs associations locales, et malgré une opposition et quelques habitants qui jugent la querelle stérile ou dépassée.

Pour sortir de l’impasse ou poursuivre la lutte, une réflexion était en cours avant le 21 octobre. Depuis, le maire de Dolus est passé à l’action et a choisi de faire appel -non suspensif- de la décision de justice près la cour d’appel de Bordeaux. Il a réuni son conseil municipal qui a pris la décision de continuer à refuser le permis de construire. Les élus de la majorité ont même mis au pot commun leur prochain mois d’indemnités pour régler les 9 000 € d’amende. Ils mobilisent la population pour une fête de soutien le 28 octobre. Lanceront-ils alors l’idée d’une souscription ? L’affaire « McDolus » n’est pas terminée !

Sur tablette, smartphone, journaux et autres télés, les cantines bio ont la côte

Le débat d’Europe 1 avec une ITV de Stéphane Veyrat en cours d’émission…

Drôle de changement d’époque. En 2014, Un Plus Bio plaidait pour que la restauration collective s’invite dans les programmes et les réunions publiques des élections municipales. C’était il y a un peu plus de trois ans, autant dire une éternité, le sentiment de militer dans une sorte de désert des idées était alors assez fort. Cette époque est visiblement révolue, les approches ont largement évolué et il semble que le paysage médiatique se soit mis au diapason d’un mouvement de fond en société, auquel Un Plus Bio a apporté sa pierre. Bien sûr le bio n’est pas encore la règle dans les cantines et il y a encore bien du chemin à parcourir dans les consciences comme dans les actes. Notre revue de presse du mois révèle néanmoins que les lignes bougent, et c’est tant mieux.
Ainsi sur M6 avec un long documentaire pas trop mal fait sur la restauration scolaire de Béthune (lire aussi notre communiqué à la suite de l’émission, un dossier spécial très complet dans Alternatives économiques où figure également Un Plus Bio, des reportages sur France 2, un numéro spécial du magazine Sans transition