La vidéo à ne pas manquer qui permet d’avancer

Fin 2018, Un Plus Bio, Agores et Ecocert signent un partenariat pour soutenir et dynamiser les initiatives de restauration collective, plus bio, locale, saine et juste. Quelques années plus tard, les trois acteurs continuent d’aider de nombreuses collectivités à changer leur territoire par l’alimentation. Exemple à Millau, en Aveyron, où la cuisine centrale vient de recevoir le niveau 2 du label « En Cuisine », soit plus de 30% de produits bio et locaux. En additionnant le tiercé gagnant adhésion au Club des territoires, à la charte d’Agores et la labellisation « En cuisine », les collectivités font bouger énormément de choses. Notre reportage vidéo.

Comment manger bio à 60% sans dépenser plus ? L’exemple de Briançon

La ville la plus haute d’Europe, membre du Club des Territoires Un Plus Bio, propose une formation pour aider les collectivités et les structures à s’engager sur la voie d’une transition alimentaire efficace et gourmande. Du 20 au 22 avril.

De très beaux efforts fournis depuis 2013. Photo Bertrand Bodin.

Avis aux amateurs, élus, techniciens, chefs de restauration. En partenariat avec Un Plus Bio, la ville de Briançon (Hautes-Alpes) a décidé de proposer une formation à la cantine bio et locale. Labellisée niveau 3 par Ecocert « En cuisine », lauréate des Victoires des cantines rebelles en 2017, la municipalité a fait du chantier de l’alimentation un tremplin vers des pratiques aussi innovantes qu’efficaces. De 400 enfants inscrits en demi-pension en 2013, il y a 650 repas servis chaque jour aujourd’hui, avec 60% de produits bio dont 78% issus d’un approvisionnement local.

On a coutume de penser que manger bio coûte plus cher ? Eh bien non, au-delà des traditionnels enseignements de l’Observatoire de la restauration collective bio et durable dirigé par Un Plus Bio qui affirment l’inverse, la ville de Briançon apporte une belle illustration : elle a réduit le coût de sa restauration, en passant sous la barre des 200 000 € l’an dernier (contre plus de 212 000 € en 2016). Et cela en augmentant la qualité. Qui dit mieux ?

« Le succès de notre démarche a fait pas mal parler d’elle et beaucoup de collectivités, dans la région comme ailleurs en France, nous sollicitent régulièrement pour une visite sur place, explique Nathalie Allamanno, responsable de la restauration collective qui travaille en duo depuis le début avec son élue Fanny Bovetto. Mais on s’est vite aperçus qu’une simple présentation rapide ne permettait pas de faire avancer les visiteurs, une fois rentrés chez eux. Cette formation de trois jours répond ainsi à notre envie d’enrichir les démarches de tout le monde ! »

Allier la théorie et la pratique

Aller à la cantine et découvrir ce qui se fait de mieux en agriculture locale, c’est éducatif.

Du 20 au 22 avril, trois jours de formation sont proposés. Le premier, théorique, donnera les bases de tout bon projet alimentaire : que signifie mieux manger à la cantine, comment gérer ses marchés publics, affiner son sourcing, savoir quels produits bio introduire le plus facilement, comment anticiper la loi Egalim… ? Le deuxième module se fera en cuisine, avec le chef de la restauration Kévin Rio, pour découvrir les fondamentaux d’une cuisine vivante et redonner du sens au métier des équipes à l’œuvre dans les unités de production : cuisine des protéines végétales, recette de gâteaux maison en bac gastro, préparation de bouillons sans recours aux fameux fonds de sauce industriels, utilisation des restes, etc. « On a fait les choses bien, en aménageant une salle dédiée à la formation, accolée à une cuisine pédagogique », ajoute Nathalie Allamanno.

Pour comprendre par le goût les objectifs de la formation, tous les repas des stagiaires seront préparés par la cantine. Une ouverture sur le territoire est aussi envisagée, avec la visite de producteurs locaux, la découverte d’un atelier sur le compostage. Enfin, dernier jour, il s’agira d’approfondir les acquis, savoir par exemple comment ne plus utiliser de plastique, mettre en place un carré potager/herbes aromatiques, organiser son économat…

Bref, de quoi donner un sérieux coup de jeune aux pratiques et décomplexer l’approche de la restauration collective, dans le partage et la contagieuse humeur positive d’une collectivité qui, très tôt, a su relever le défi d’une politique publique de l’alimentation ambitieuse.

Programme complet ici. Renseignements auprès de Nathalie Allamanno. n.allamanno@mairie-briancon.fr

Après le jambon aux nitrites, à qui le tour ?

L’actualité ne tarit plus de pétitions et de nouveaux scandales, en restauration collective comme ailleurs. Chaque semaine, chaque mois, un nouvel étendard est levé, sus à l’ennemi ! Et si on raisonnait autrement, en s’engageant sur le fond ?

Bonne nouvelle : le pouvoir est dans l’assiette, et le citoyen en est le bras armé. Jamais les cantines n’ont autant interpellé la société civile, laquelle fait bruyamment savoir qu’elle exige désormais des collectivités qu’elles bannissent ce dont personne ne veut plus : la malbouffe, le poulet industriel, les barquettes plastiques et, nouveau venu dans l’arène médiatique depuis quelques jours, le jambon au sel nitrité.

L’appel de 27 élus et candidats aux municipales des 15 et 22 mars prochains dans le Journal du Dimanche, « Pour des cantines sans nitrites », éclaire une nouvelle problématique, pourtant ancienne et qui sort du seul cadre de la restauration collective. Oui, la majorité des jambons blancs et la charcuterie servis à la cantine comme dans les rayons de supermarchés, y compris bio, sont notamment composés de nitrate de potassium, nom de code E252. Ce sel nitrité comme ses cousins ont également été la cible, quelques jours auparavant, des trois organisations Foodwatch, la Ligue contre le cancer et Yuka, qui exigent l’interdiction des additifs E249 (nitrite de potassium), E250 (nitrite de sodium) et E251 (nitrate de sodium), tous aussi controversés pour leurs effets sur la santé.

Des nitrites, oui, mais pas que

Pour Un Plus Bio, ce genre d’affaire n’est pas nouveau. Dire qu’il existe dans l’alimentation industrielle des ingrédients nuisibles à la santé publique, et dont les cantines sont malheureusement aussi le relais, est une évidence. Et il est en effet temps de bouter hors des assiettes des aliments destinés à nuire plutôt qu’à bien nourrir. Mais qu’en sera-t-il la semaine ou le mois prochains ? Quelle nouvelle alerte va faire frémir le paysage médiatique et secouer le panier de la ménagère ? Va-t-on bientôt s’en prendre au glutamate de sodium, au sorbate de potassium, au saccharose, à l’amidon blanchi, à la gomme xanthane ? Il sera alors difficile de s’arrêter, car il existe autant de bonnes raisons de partir à l’assaut des ingrédients ajoutés aux aliments transformés qu’il existe de molécules, naturelles ou de synthèse, dans l’ensemble de notre bol alimentaire.

Et c’est sans doute là que le bât du débat blesse : qu’en est-il de la définition, sur le fond, de la qualité alimentaire ? S’agit-il de veiller au grain de la chimie de transformation, ou plutôt de savoir faire le tri dans ce qu’on fait entrer en cuisine et qu’on sert dans nos cantines ? D’autres questions devraient tout autant nous alerter : servir du jambon blanc, est-ce vraiment proposer une protéine de qualité et faire preuve d’imagination en cuisine ? Allons un peu plus loin : doit-on condamner seulement les nitrites, ou continuer de fermer les yeux sur les conditions d’élevage intensif qui font sortir en masse des produits carnés d’une grande tristesse économique, sociale et nutritionnelle et dont la fameuse tranche de jambon toute rose est un malheureux ersatz ?

Il y a aujourd’hui un bel espace public, surtout à l’occasion des élections municipales, pour poser le débat des vraies politiques alimentaires de qualité. On le dit à Un Plus Bio depuis des années, et la majorité des collectivités qui adhèrent au réseau en témoignent : un bon produit alimentaire est un produit brut, en vrac, frais, de saison, le plus bio possible, bien cuisiné et qui rémunère au mieux celles et ceux qui le font entrer dans la chaîne alimentaire. Mieux manger relève d’une vision politique, économique et sociale sur tous les territoires. Pour le reste, lorsqu’il s’agit d’acheter des produits transformés, un simple regard scrupuleux sur l’étiquette s’impose chez les gestionnaires et chefs de commande. C’est en effet avant d’arriver sur les pianos des cuisines que la chasse aux nitrites et tous leurs invités intrusifs doit être sans pitié !

Pour développer la notion de qualité alimentaire,
téléchargez notre ouvrage  « Cantines bio : le guide pratique des élus »

Le livre blanc sur le plastique du réseau partenaire Agores.

Les mesures de la loi Egalim expliquées en six points

Le CNRC (Conseil national de la restauration collective), l’instance où siège notamment Un Plus Bio, vient de publier la nouvelle version de la plaquette concernant les mesures de la loi Egalim s’appliquant à la restauration collective (datée de janvier 2020). La nouveauté réside principalement dans le tableau de la page 4 illustrant les différents segments de la restauration concernés par les différentes mesures de la loi.

À retrouver ici.

Et si on sortait l’agriculture du salon ?

Le festival des acteurs de la transition alimentaire « Sortons l’Agriculture du Salon », imaginé par notre partenaire Alimentation générale, aura lieu du 22 février au 1er mars, à Paris et simultanément dans plusieurs villes de France : Lyon, Tours, Saint-Denis, etc. L’idée de ce « contre-salon », quatrième édition (Les citoyens passent à table !), est née d’un collectif de chercheurs, philosophes, juristes, journalistes constitué en 2017 autour du « Manifeste pour une exception agricole » de Michel Serres. Il s’agit de constituer un espace de dialogue pour les acteurs de la démocratie alimentaire afin d’échanger et de penser collectivement de nouvelles actions sur le long terme. Le but : aller tous ensemble dans le sens du changement nécessaire et mettre en place des actions concertées et complémentaires les unes des autres.

Tout le programme ici.

La Bio dans les étoiles 2020 : le pouvoir est-il dans nos assiettes ?

À Annonay, Corinne Lepage, Hervé Kempf (reporterre.net), le sénateur Guillaume Gontard et la biologiste Isabelle Farbos annoncés en invités les 9 et 10 avril.

Corinne Lepage, avocate, ancienne ministre de l’environnement.

Peut-on se passer des polluants dans notre alimentation et nos lieux de vie ? Comment l’alimentation influence nos évolutions génétiques ? Comment réinventer la fonction des espaces agricoles, éduquer les enfants en jardinant ou donner un nouveau souffle aux territoires ruraux isolés grâce au levier de l’alimentation ? Réfléchir pour mieux agir, c’est les 9 et 10 avril à Annonay, en Ardèche.

Depuis deux ans, Un Plus Bio et la fondation Ekibio unissent leurs talents pour la Bio dans les étoiles, un festival pour parler du fond de nos assiettes. Les politiques publiques de l’alimentation seront au cœur de cet événement qui se veut populaire et ouvert à tous, et qui donnera à voir, goûter et écouter ce qui se fait de plus remarquable en France.

Parmi les invités, l’ancienne ministre Corinne Lepage, le fondateur du site Reporterre Hervé Kempf et le jeune sénateur de l’Isère Guillaume Gontard viendront témoigner de leur engagement, chacun dans son domaine d’intervention, pour reconquérir « le pouvoir dans nos assiettes ». La biologiste Isabelle Farbos introduira cette journée en nous parlant de l’influence de notre alimentation et de notre environnement sur la santé.

Le programme complet et les inscriptions seront communiqués dans quelques jours.

Rendez-vous à l’Obs !

Oui, oui, oui, il faut y aller. C’est l’heure – d’ailleurs c’est toujours l’heure ! – de renseigner tout ce que vous avez mis en œuvre en restauration collective, auprès de l’Observatoire national de la restauration collective bio et durable. Votre démarche, qu’elle soit à ses débuts ou déjà bien avancée, nous intéresse : quelles pratiques ont été adoptées ? Avec quelles difficultés ? Quelles ont été vos réussites ? Avez-vous envisagé des liens avec d’autres politiques publiques pour une transition écologique à la cantine et sur le territoire ? Votre nombre de convives, votre mode de gestion, votre part de bio, vos avancées en terme de local, de santé publique et d’environnement, et même le prix de vos repas, tout nous intéresse !

L’Observatoire est aujourd’hui le seul outil sans équivalent à l’usage des collectivités pour mesurer l’ampleur et les effets des politiques publiques de l’alimentation sur les territoires. Plus on sera nombreux à remplir le questionnaire, plus il sera possible de voir vraiment où en est le bio et le local dans les cantines engagées. Et pour les récalcitrants, pas de souci, vous pouvez créer un compte et répondre aux questions en plusieurs fois ou quand vous voulez.

Retrouvez le questionnaire ici.

AG d’Un Plus Bio et formation à Langogne (48)

Deux événements à noter sur vos agendas !

  • L’Assemblée générale d’Un Plus Bio aura lieu cette année à Bordeaux (33), les 12 et 13 mai prochains. Accueillis dans l’hémicycle du Département de la Gironde, nous aurons comme d’habitude le grand plaisir de partager ensemble un des temps forts de l’année autour des questions alimentaires. Programme et inscriptions à venir mais nous vous invitons d’ores et déjà à inscrire ce beau moment dans votre agenda.
  • La communauté de communes du Haut-Allier, membre du Club des Territoires, propose une formation à Langogne (Lozère), intitulée « La santé passe par l’assiette », les mardi 31 mars et mercredi 1er avril. Possibilité pour les candidats (élus, cuisiniers, directeurs de commande, gestionnaires) de participer à une ou aux deux journées. La première a pour thème « La santé dépend de notre alimentation et de nos choix », la seconde « La cuisine de marché dans notre cantine ». Avec la participation d’Isabelle Farbos, docteur en génétique et biologie moléculaire et experte en santé environnementale, ainsi que le cuisinier formateur d’Un Plus Bio Stéphane Brette.

Programme et inscriptions.

Avec Un Plus Bio, je prends 5 bonnes résolutions pour 2020

1) J’arrête le plastique, et pas que dans les oreilles

Le coton-tige serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Disons un petit arbrisseau sans défenses qui dissimulerait de denses forêts touffues de déchets par millions ? Comme nous, vous avez peut-être vu que les députés ont voté la fin de l’usage des produits en plastique à usage unique. Depuis le 1er janvier 2020 sont ainsi interdits : les assiettes, les gobelets et les coton-tiges. Pour les cantines, la fin des barquettes en plastique est annoncée au plus tard en 2025. Bref, on avance un peu dans les pratiques et on réduit l’empreinte, c’est un bon point. Mais va-t-on vraiment inverser la tendance par ce petit bannissement ? En France, la quantité de déchets produite (notamment plastiques mais pas seulement) continue d’être difficile à supporter, elle a doublé en quarante ans, au point que chaque habitant génère aujourd’hui 537 kg de choses à jeter et/ou à recycler

Les raisons : la population augmente, la consommation s’accélère, de plus en plus de produits sont éphémères et… les tranches de jambon se vendent toujours aussi bien entre… deux autres tranches de plastique. Pour l’Ademe, c’est simple, « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ! »

En 2020, je regarde d’un œil vengeur ce qui reste de mon retour des courses et sa montagne de plastique, et j’opte pour le vrac et le brut, et je composte dès que je peux !

2) Je mange bio, et si c’est plus cher je mange moins

Vous l’avez surement entendu lors de vos retrouvailles en famille pour Noël, manger bio coûte trop cher, à la cantine comme à la maison. Si, si, regardez, c’est évident, comparez les étiquettes ! Ah oui ? Vraiment ? Mais alors, comment faire ? Un Plus Bio vous donne la solution : mangez bio en 2020, mais mangez moins ! Bon, allez, c’était juste pour rire. La vraie réalité, c’est que manger bio en restauration collective ne coûte pas plus cher en général, et ça c’est l’Observatoire de la restauration bio et durable qui l’a encore dit en 2019, en étudiant un échantillon de 3 400 cantines. Et l’autre vérité, c’est que, en effet, on mange un peu trop en Occident et surtout, on mange un peu trop mal. Même si la France était relativement épargnée par rapport aux autres pays, les chiffres mondiaux s’appliquent peu à peu à l’Hexagone. Plus d’un homme adulte sur deux était en surpoids (54%) en 2015, contre 44% des femmes. L’obésité concernait 17% de la population française.

En 2020, je peux manger mieux, bio, local, de saison, sans payer plus et en soignant ma ligne !

3) Je cuisine à basse température les candidats aux élections

Les municipales approchent. Les 15 et 22 mars prochains, des milliers de candidats vont se disputer plus de 36 000 mairies. La bonne nouvelle, c’est que le thème des cantines bio n’a jamais été aussi populaire et que l’alimentation de qualité est devenue une des principales préoccupations des électeurs, de beaucoup de parents d’élèves, et donc des candidats. Ce n’était vraiment pas le cas en 2014, il faut saluer cette évolution.

Cela étant, et même si la Loi Egalim affiche l’objectif de 20% de bio à atteindre d’ici à 2022, Un Plus Bio vous invite à cuisiner les programmes et les candidats. Et de trouver les forces autant que les éventuelles failles dans les intentions. Car deux modèles commencent à émerger qu’on ne repère pas forcément du premier coup. S’agit-il simplement de mettre du bio en saupoudrage dans les menus pour faire le job, ou susciter le développement d’un projet alimentaire à longue portée sur le territoire ? Le but est-il d’introduire seulement des produits faciles comme le pain, les yaourts et les compotes bio pour arriver aux fameux 20%, ou de faire émerger les conditions d’un nouveau contrat social avec tous les acteurs engagés et soutenus par les collectivités travaillant main dans la main au développement d’une santé commune ? Celle qui épanouit les palais, les revenus économiques, l’environnement, la santé publique et le lien social ?

Vous voyez, ce n’est pas tout à fait pareil : le bio est un vrai moyen, pas une fin unique.

En 2020, je remets aux candidats « Cantines bio : le guide pratique des élus » d’Un Plus Bio et je demande l’instauration d’une vraie démocratie alimentaire sur mon territoire.

4) Je rends au glyphosate l’honneur qui lui revient

Haro sur le louuuup ! Finissons-en avec ce gros vilain méchant. Et pas dans six ans, pas dans trois ans, tout de suite ! En 2020, je veux que le glyphosate disparaisse de la circulation et que Bayer-Monsanto devienne une association dédiée à la pratique de la pétanque dans le monde entier avec une nouvelle appellation : « La boule joyeuse ». Bon, d’accord, on est un peu dans l’utopie sur une des deux propositions, là. Mais c’est bon de rêver, non, en début d’année ?

Plus sérieusement, de nouveaux chiffres sur la consommation de pesticides circulent et, comme Le Monde l’a titré le 7 janvier dernier, « le recours aux pesticides a connu une hausse spectaculaire en 2018 », avec 24% d’augmentation par rapport à 2017. Ce record européen a de quoi remettre en place nos estomacs tout juste rescapés et groggys de la grande gastro annuelle. Certes, dans le joli palmarès des herbicides, des fongicides et des insecticides, le Round-Up occupe une place de choix. Mais il n’est pas seul, et de loin. Le cocktail de centaines molécules en circulation depuis des années, et celles à venir, produit des effets tout aussi spectaculaires quoique moins médiatisés sur le vivant. Éradiquer les produits biocides demandera du temps si on ne soutient pas plus les paysans qui souhaitent s’en passer. Ayons donc une pensée pour les Isoxaben, Aclonifen, Prosulfocarbe, Cléthodime, Pyridate, Cycloxidim, Cypermétrhine et autres Spinosad !

En 2020, je signe pour la fin du glyphosate mais je n’oublie pas ses nombreux copains qui, sans lui, ne risquent pas de s’ennuyer.

5) Je traque le blanchiment écolo dans ma cantine

Faites vos jeux, rien ne va plus… C’est parti pour faire tourner la grande roue des 20% de bio d’ici à 2022 ! Le jeu en vaut la chandelle, et il y a tout à gagner de la loi Egalim qui impose aux collectivités de s’engager sur la voie du durable en restauration collective. Problème : le législateur n’a prévu ni contrôle ni sanction, et chacun pourra déclarer ce qu’il veut… Qui atteindra vraiment 20%, en l’absence de preuves ? Officiellement, le volume de bio introduit doit être estimé en valeur d’achat. Mais comment s’assurer que les factures seront bien triées et les chiffres dûment établis ? L’exercice comptable n’est pas forcément simple. Et comment faire s’il y en a qui, sans vouloir tricher, raisonnent autrement, par exemple en validant 20% de bio par le nombre de composantes bio ou le nombre de repas bio par semaine ou par mois ?

En 2020, je demande aux responsables de ma cantine de me fournir les chiffres et je les encourage à un audit officiel avec le label « En Cuisine » Ecocert, seul outil de mesure objectif et indépendant à ce jour !

En coulisses, les petites histoires de l’année 2019

Une année riche en rencontres, en moments suspendus et parfois même un rien décalés !

Quand on s’aperçoit soudain « qu’on n’a rien fait ou presque ! »

C’était dans l’Ain, au printemps dernier. Baptême du feu pour Inès, l’animatrice de l’Observatoire de la restauration collective bio et durable à Un Plus Bio. Elle est venue à la demande de la communauté de communes, qui souhaitait mesurer le niveau de ses avancées dans les cantines du territoire. Inès affiche les résultats d’enquête, des diapos, échange avec la salle et les élus quand soudain, au milieu de l’assistance, le président de la collectivité s’exclame : « En fait ce que nous nous racontez là, c’est qu’on n’a rien fait ou presque! » Euh, comment dire, c’est pas tout à fait ça mais oui, c’est un peu vrai.

Inès, animatrice de l’Observatoire.

La qualité alimentaire n’est pas exactement au rendez-vous même si toutes les communes ont répondu au questionnaire, grâce à l’implication des élus communautaires, et malgré le manque d’information sur certains indicateurs clefs comme la part de produits bio ou le coût des denrées. Inès tente de rassurer, explique que le changement prend du temps, mais rappelle que, en effet, au nom du réseau Un Plus Bio, manger mieux, développer un territoire, c’est éminemment politique ! De belles perspectives de travail et des objectifs opérationnels sont aujourd’hui définis pour porter un projet alimentaire sur le territoire !

Lionel et Stéphane, les cuisiniers voyageurs

Stéphane Brette et Lionel Senpau, petite halte à Jérusalem entre deux cuisines.

Quand il n’est pas sous le feu des gazettes et des médias qui viennent passer un beau moment au sein de son équipe gardoise à Manduel, où 400 convives mangent bio, local et fait maison chaque jour, Lionel Senpau joue les ambassadeurs informels d’Un Plus Bio. Cette année, il est allé jusqu’en Cisjordanie, où l’a invité l’Institut français de Jérusalem. Avec lui, Stéphane Brette, formateur cuisinier du réseau, ils ont baroudé entre quartiers palestiniens chics et populaires et manque de moyens, ils ont flatté le développement de cuisines en devenir, distribué leur enthousiasme et leur sens du partage à des équipes qui les ont accueillis comme deux chefs étoilés. La boulette et le falafel n’ont plus de secrets pour eux maintenant. La cantine est une grande famille, dont Lionel et Stéphane sont les héritiers et les porteurs d’avenir !

Les selfies avec la maire de Paris

L’équipe lauréate du collège Jean-Rostand (Nîmes) pose avec Anne Hidalgo.

Les Victoires des cantines rebelles, en novembre dernier à Paris, sont toujours un grand moment officiel. Pose photo des lauréats, discours minutés, présentations solennelles. Et puis, en milieu d »après-midi, sans crier gare, la consécration se libère, plus informelle mais hautement symbolique. Venue chercher sa propre Victoire dans la catégorie des très grandes villes, la maire de Paris est soudain prise d’assaut pour une série de selfies au côté des autres lauréats qui l’approchent, tout sourire. « Monter » à Paris en partant de son territoire, du plus rural au plus urbain, et se retrouver portable en main pour immortaliser un moment avec l’élue de la plus grande collectivité française, voilà qui est… capital ! Et c’est aussi l’occasion de comprendre que, entre un village du Gers, un collectif citoyen de l’Isère et Paris, les mêmes préoccupations peuvent conduire aux mêmes projets.

Soudain, l’expert en droit alimentaire titille les élus

François Collart-Dutilleul, professeur émérite des universités et fin explorateur de la démocratie alimentaire, est devenu l’expert incontournable des politiques publiques de l’alimentation à Un Plus Bio. Avec lui, on apprend toujours plein de choses et on comprend vite l’enjeu du droit à manger sain pour tous. On redécouvre que l’alimentation est un droit de l’Homme et non un simple usage, ou que la réduction des inégalités devant l’assiette est une urgence dont la restauration collective est un levier évident. Mais François ne se gêne pas non plus pour rappeler aux élus, chacun sur son territoire, qu’ils sont d’abord des citoyens comme les autres. « Je suis souvent frappé par la manière dont quelques fois les élus considèrent qu’ils sont propriétaires du budget et que c’est dans leurs grandes largesses qu’ils vont donner des subventions… La démocratie citoyenne, c’est justement l’inverse. Je suis élu(e), donc je représente, oui, mais je n’ai pas le pouvoir ! Quand je décide, ce n’est pas comme tout-puissant, mais comme représentant. Remettre ainsi à sa place la décision publique, c’est faire un exercice de démocratie certes représentative mais d’abord citoyenne. En faisant des objets portés par les citoyens des objets et non plus des sujets de la politique, on ouvre la voie à la démocratie citoyenne… ». En janvier prochain, tenez-vous prêts, nous vous ferons partager un article passionnant sur la démocratie alimentaire que prépare l’expert.

La petite frayeur des 10 trophées

Le nouveau prix des Victoires. Il s’en est fallu d’un cheveu… Photo Ravages.

Dix lauréats, cela fait dix trophées à remettre. Une commande est passée pour les Victoires des cantines rebelles 2019 en septembre. Mais frisson de dernière minute : le prestataire céramiste a sorti du four dix objets jolis, mais avec de belles coulures vilaines et un sentiment de raté assez partagé ! Que faire, quand on est à moins de quatre jours de la cérémonie officielle ? Mobilisation générale ! On passe au crible les artisans parisiens, heureusement nombreux sur le créneau. Et on finit par avoir le jour J les dix récompenses, en bois, très stylisées. Chacun aura son prix. Ouf !


Le pragmatisme en région
Lorsque Un Plus Bio se rend en novembre à la remise de l’ordre national du mérite à Dominique Granier, ancien président de chambre d’agriculture et président en exercice de la Safer-Occitanie, son directeur Stéphane Veyrat croise Carole Delga. À la présidente de la région Occitanie, membre du Club des Territoires Un Plus Bio, il glisse qu’il est dommage qu’Un plus bio soit sous-employé dans le plan d’alimentation durable mis en place par le conseil régional.

Carole Delga, Stéphane Veyrat et Valérie Rouverand.

Ni une ni deux, la présidente, fixe dès la semaine suivante un entretien dans ses bureaux. Et là, rien n’est laissé au hasard : réception officielle au bureau, discussion à bâtons rompus, sens de l’écoute, visioconférence avec les directions de l’agriculture et l’alimentation, de l’éducation et le concours d’une autre élue, membre du conseil d’administration d’Un Plus Bio, la Nîmoise Valérie Rouverand. Chaque minute devient alors féconde et prometteuse, une feuille de route se précise aussitôt et les premières actions programmées s’envisagent. C’est aussi ça, la vison et l’efficacité politiques sur les territoires !

À débat un peu tendu, agapes détendues !

Un Plus Bio a rendez-vous ce jour-là avec une soixantaine de gestionnaires et cuisiniers de restauration collective en région. On discute, on débat, on expose des chiffres et des faits mais, il faut se rendre à l’évidence, le message positif d’une alimentation heureuse continue de se heurter, ce n’est pas nouveau, aux vieilles habitudes, au manque présumé de moyens pour engager une vraie transition alimentaire. On entend que le bio coûte cher, qu’il est compliqué de recourir au local et que, pour résumer, on fait ce qu’on peut et que c’est déjà pas mal. La réunion se termine, un buffet est servi aux invités, préparé par des équipes locales.

Une équipe de cuisiniers d’un lycée à l’œuvre pour recevoir à la bonne franquette !

Et là, ô surprise, des cuisiniers prêts à faire un beau pied-de-nez à la morosité, mettent les petits plats dans les grands. Grillade géante à base de produits régionaux fermiers, banquet solennel et populaire à la fois, convivialité maximum. On se dit alors que tout n’est pas perdu et que c’est aussi dans ces moments hors cadre que se joue la mère des batailles pour de vraies avancées alimentaires. Pas qu’une question de budget, on vous dit !

Les médias aussi cherchent la solution

La mutation des mentalités sur la question climatique, les questions sociales mais aussi la question alimentaire qui se glisse désormais dans tous les programmes électoraux, interpelle de plus en plus le paysage médiatique. Alors qu’on peinait hier encore à expliquer que l’assiette est un outil de transformation politique, économique et social, les rédactions ont fini par changer de cap. Il n’est désormais pas une semaine où un média n’interpelle le réseau Un Plus Bio pour l’aider à décrypter le monde de la restauration collective et tous les acteurs qu’elle entraîne derrière elle.

Entre ces sollicitations, un vrai coup de chapeau mérite ainsi d’aller au magazine Oxytanie, nouveau venu dans la presse régionale engagée, et dont le dernier numéro met à l’affiche un beau reportage dans une cantine du Gard, avec l’interview d’Un Plus Bio. Pourquoi le distinguer lui ? Simplement pour l’approche chaleureusement humaine de sa rédaction, le temps qu’il a souhaité passer en immersion, sur place, pour humer le parfum vrai d’un projet exemplaire, et aussi pour la qualité du rendu d’un article soutenu par de superbes photos !

Et aussi, tous ces beaux moments…

On n’oubliera pas non plus ce bel accueil de la ville de Grenoble au printemps pour l’AG d’Un Plus Bio, une commune de taille significative à la pointe sur les questions de transition. On se rappellera de cet échange avec le jury des Victoires de cantines rebelles, à Paris, où chaque membre engage son nom et ses arguments pour distinguer le dossier qui lui paraît le plus symbolique de la révolution alimentaire qui se joue dans les territoires. On gardera en mémoire le forum annuel « Manger bio et local, labels et terroirs » dans les Pyrénées-Atlantiques, ce département qui suit un beau bonhomme de chemin depuis plusieurs années sur la voie du dialogue avec tout un territoire, ses hommes et ses femmes engagés. On ne comptera plus les interventions, les invitations des membres d’Un Plus Bio, partout en France, de la Meurthe-et-Moselle et sa semaine du développement durable à l’Ardèche et sa Bio dans les étoiles, en Gironde, ailleurs encore, mais aussi dans les ministères, les rendez-vous nationaux, bref, partout où les lignes font bouger les assiettes du futur ! Pour finir on dira un grand merci à nos deux grands partenaires fidèles et engagés : le réseau Agores et son livre blanc pour des cantines sans plastique, Ecocert et son label En Cuisine.