Quand Un Plus Bio rencontrait Françoise Nyssen sur le thème du bio et de son école alternative

La nouvelle ministre de la culture était jusqu’à la semaine dernière encore une… Arlésienne ! Mais une Arlésienne omniprésente, avec une maison d’édition (Actes Sud) qui cartonne, un centre culturel, un cinéma, un réseau national de librairies, pas moins de 250 employés. Et, depuis 2015, avec son mari Jean-Paul Capitani elle a créé une école associative « Domaine du possible » pour donner une nouvelle chance aux enfants. On y mange 100 % bio, avec un projet de potager de cinq hectares à la clé. Entretien avec une femme passionnée, à Arles. La rencontre a eu lieu au printemps 2016. Depuis, Françoise Nyssen est revenue avec Jean-Paul Capitani pour participer à l’Assemblée générale d’Un Plus Bio le 25 avril, à Nîmes.
Françoise Nyssen, directrice des éditions Ates Sud, dans son bureau-bibliothèque d'Arles.

Françoise Nyssen, dans son bureau-bibliothèque à Arles.

Un Plus Bio : Le prix Nobel de littérature pour Svetlana Alexievitch, le prix Goncourt à Mathias Enard (La Boussole), d’autres livres qui dépassent 500 000 exemplaires… L’année 2015 fut la vôtre !
Françoise Nyssen : C’est très chouette oui… et un peu épuisant aussi ! Il a fallu intervenir dans de nombreux médias, nous avons été invités partout ou presque, et ce n’est pas Françoise Nyssen qui a dû parler mais plutôt la représentante d’Actes Sud, comme si j’étais un peu en porte-à-faux. Ces deux auteurs apportent évidemment beaucoup à la maison d’édition mais il n’y a pas qu’eux, nous publions chaque année plus de 600 ouvrages…

Vous avez d’autres projets, qui n’ont rien à voir avec la littérature, notamment celui de développer une école alternative. Dans quel but ?
Cette école est ouverte depuis septembre 2015 et a emménagé sur notre ferme familiale à Mas-Thibert, à la campagne, près d’Arles. Il y a aujourd’hui plus d’une centaine d’élèves, du CE2 à la troisième. C’est un projet dont les bases ont été jetées en 2012. Avec mon mari Jean-Paul Capitani, nous avons eu sept enfants. Tous ont connu des parcours scolaires variables et Antoine, un enfant précoce qui était dyslexique et dyspraxique, a beaucoup souffert de cet enseignement. À 18 ans, il a choisi de ne plus vivre… Ce projet d’école était pour nous la meilleure façon de continuer, c’est aussi une réponse à un système scolaire qui, en France, n’est en rien porteur de confiance en soi. Mais nous ne faisons rien contre l’Éducation nationale, nous militons simplement pour un modèle d’apprentissage qui prenne en compte les enfants en sortant du système obsessionnel de la compétition et de l’évaluation permanente. Le système normatif connaît vraiment des limites, des études d’appréciation confirment que le niveau scolaire baisse, on remplit les enfants de savoir sans les aider à prendre leur destinée en main. L’ancien ministre de l’Éducation nationale François Peillon nous a prêtés une oreille attentive et le recteur de l’académie de Nice nous soutient, il a même publié une réaction très positive sur son mur Facebook !

Monter une école privée, ça coûte cher aux parents. N’y a-t-il pas de risque de sélection à l’entrée ?
Nous avons évidemment veillé à l’aspect financier, en établissant un barème moyen de 4 000 € l’année pour un coût réel d’environ 12 000 € par élève. Sur les trente familles, trois sont aidées par le fonds de dotation que nous avons mis en place, cela leur revient à 40 € par mois.

« Essayer de vivre autrement, dans un système plus humain,
citoyen, intéressé par la vie de la cité »

"Ce projet d’école était pour nous la meilleure façon de continuer, c’est aussi une réponse à un système scolaire qui, en France, n’est en rien porteur de confiance en soi."

« Ce projet d’école était pour nous la meilleure façon de continuer, c’est aussi une réponse à un système scolaire qui, en France, n’est en rien porteur de confiance en soi.« 

Les enfants mangent à la cantine, quel est votre projet alimentaire ?
C’est une cuisine familiale 100 % bio et végétarienne ! Marie Muccio la dirige, elle se charge des courses et de la préparation des repas. Elle se fournit au marché et dans les magasins bio de la ville mais à terme, nous avons le projet de monter un projet agricole en agroforesterie sur cinq hectares, au sein de la propriété qui en compte une centaine. Ce potager, à vocation éducative également, fournira aussi bien l’école que la demande en fruits et légumes bio de la région. Pour nous, c’est le projet de la cohérence, celui de vivre mieux et en meilleure santé.

Le bio, pour vous, c’est une valeur qui compte ?
Depuis longtemps, oui. Jean-Paul, ingénieur agronome de formation, fut l’un des premiers à faire du vin bio dans les sables du Golfe du Lion, c’est lui qui m’a éveillé au bio. Si je compte, ça doit bien faire six ou sept ans que je ne suis pas entrée dans un supermarché ! À la maison, on s’efforce de manger le plus sain possible. Un exemple, au petit-déjeuner, je bois un jus de citron tiède, boisson alcalinisante, puis je mange une soupe miso (un plat traditionnel japonais à base de pâte de haricots de soja fermentée) avec des algues, des petits légumes, du gingembre, du riz complet et du lait d’amande. Intolérante, je prends du pain sans gluten, de l’avocat, des graines germées… Sinon, je suis fan de pois chiches, de lentilles, de soupes de légumes. Mon mari, lui, est végétarien, du coup je ne cuisine pour moi que du poisson frais et m’autorise à manger un peu de viande quand je sors au restaurant, en étant sûre de la provenance et de la qualité de l’élevage.

On essaie de vivre autrement, dans un système plus humain, citoyen, intéressé par la vie de la cité. Même si c’est un peu grandiloquent, on apporte notre contribution à un meilleur avenir de l’humanité, en échappant au système dominant de l’argent. C’est un credo, un engagement profond. Mais encore une fois, nous envisageons la vie positivement : arrêtons de faire contre et construisons pour ! Il est urgent de maintenir et développer l’énergie citoyenne. J’aime cette phrase de l’écrivain Antonio Gramsci : « Je suis pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté ».

Recueilli par Julien Claudel. Photos J.C.

« Manger du poisson durable à la cantine, c’est possible »

Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom.

La restauration collective peut évoluer vers un modèle de pêche artisanale qui lui permettrait de concilier volumes adaptés et respect de la ressource. À condition de changer d’approche et d’oser la diversité.

Frederic Lemanach Bloom Un Plus Bio

Pour Frédéric Le Manach, la définition de la pêche artisanale n’est pas bonne en France, du moins si on la compare aux autres pays.

Un Plus Bio : Je suis gestionnaire ou cuisinier en collectivité et je souhaite introduire autre chose que du filet de colin ou de  hoki surgelé dans les assiettes. Comment m’y prendre ?
Frédéric le Manach : La première étape est de comprendre le fonctionnement du monde de la pêche. D’une manière générale, le mouvement global vers une meilleure qualité alimentaire que l’on observe à terre sur les territoires peut aussi s’appliquer aux produits de la mer, y compris dans des zones où l’on ne pêche pas. Connaître le fonctionnement de ce secteur peut permettre aux gestionnaires et cuisiniers en collectivité de poser les bonnes questions et d’induire des changements de cap dans la durée  – comme en agriculture – afin de sortir de la pêche industrielle et ses poissons pêchés à outrance, que ce soit près de chez nous ou à l’autre bout du monde.
Qu’appelle-t-on pêche durable ?
En France, deux tiers des poissons sont pêchés avec des chaluts de fond, une technique qui racle les fonds marins et capture tout sur son passage. Cette pêche a un impact très néfaste sur l’environnement, son modèle est essentiellement engendré par les besoins de la grande distribution, en très forte demande, qui écoule les trois quarts des volumes vendus. Pour nous, la pêche durable doit limiter cet impact sur l’environnement tout en créant de l’emploi et en développant l’économie du littoral, ce qui est tout à fait possible.
Avant de poser la question du type d’espèces à acheter, la pêche durable privilégie les méthodes douces. En d’autres termes, une pêche durable est, selon nous, une pêche plus artisanale. Mais il existe une particularité en France où la définition de la pêche artisanale n’est pas la même que celle de la majorité des acteurs mondiaux : elle se définit chez nous par des bateaux de moins de 25 mètres sans restriction de techniques de pêche, alors que dans les autres pays, les bateaux font moins de douze mètres et les engins « traînants » comme le chalut de fond, sont exclus. On parle alors d’engins « dormants » tels que les palangres, les filets, les casiers ou les lignes. Cette pêche-là, dont le ratio emplois créés par kilos de poissons est le plus important, représente 50 % des captures dans le monde. C’est un tissu d’acteurs très important. En Europe, plus de 80 % des unités de pêche rentrent dans cette catégorie. Or pendant longtemps, les gouvernements des États-membres de l’Union européenne ont privilégié les chalutiers et les gros bâtiments, pensant qu’il serait plus simple de contrôler les volumes prélevés sur la ressource par rapport à une pêche artisanale dépourvue de balises GPS. Cette logique est en train d’être questionnée par l’Europe, qui se rend compte que la pêche artisanale crée bien plus d’emplois, préserve la ressource et génère un ancrage culturel territorial important.

« La solution : des professionnels qui capturent une grande diversité de poissons sans jamais mettre la pression sur une espèce particulière »

Le poisson durable, ce n’est pas plus cher ?
Pas forcément. Si vous achetez du poisson « artisanal » que vous préparez vous-même et que vous valorisez au mieux, c’est-à-dire que vous prenez bien soin d’utiliser tous les morceaux comestibles du poisson pour ne rien gâcher, cela n’est pas plus coûteux que du poisson « conventionnel » préparé par des transformateurs industriels. Mais il faut pour cela redécouvrir le goût de cuisiner et découvrir de nouvelles saveurs et textures, des éléments clés dans la restauration collective qui doit également évoluer sur les modes de préparation afin de rendre le poisson durable attractif.

Comment garantir que l’espèce que j’achète n’est pas menacée d’extinction ? On se sent vite coupable de mal faire dans le choix d’un poisson sauvage.
À la différence d’autres ONG, Bloom n’a jamais publié de guides pour dire quels poissons il faut bannir ou favoriser. Pourquoi ? Parce que nous pensons que la durabilité de la pêcherie passe avant tout par la technique de pêche et par des professionnels qui capturent une grande diversité de poissons sans jamais mettre la pression sur une espèce particulière. C’est pour cela que nous ne croyons pas non plus aux labels, censés éclairer le consommateur, mais que nous considérons comme douteux et non fiables après nous être penchés sur leur cahier des charges. Par la suite, il y a évidemment tout un travail de fond à mener quant à la valorisation des espèces et la manière de les faire connaître et accepter par tous.
En revanche il est vrai que, même si l’on peut manger de nombreuses espèces de poissons toutes plus intéressantes les unes que les autres, il nous faut quand même bannir celles pour qui la menace est avérée et se révèle implacable. C’est par exemple le cas des requins et des espèces profondes, comme l’empereur, le grenadier de roche, le sabre noir, la sébaste ou la lingue bleue.

La fiche technique d’Un Plus Bio : comment réutiliser les restes en cuisine ?

Même lorsqu’on s’organise, il n’est pas toujours facile de prévoir les quantités au convive près. Aussi existe-t-il des astuces pour ne pas être obligé de tout jeter, tout en restant dans les clous des normes sanitaires. Mais comment faire entre ce que dit la loi et ce que le bon sens inspire ?Fiche technique restes mai 2017 Un Plus Bio-1

Le Mag’ de mai 2017 : quel poisson en restauration collective ?

Comment améliorer les approvisionnements en poisson dans les cantines ? Augmenter la part du frais, du bon, et du juste, sans nuire à l’état des ressources, tout en faisant plaisir aux cuisiniers et aux convives ? Entre idées reçues et réalités subtiles, un dossier complet sur le lien entre qualité alimentaire et intégration du poisson au menu. À lire en ligne ou version PDF à  télécharger.

Émily Loizeau : « Me savoir contaminée au glyphosate m’inquiète mais me redonne des forces ! »

Au côté d’une trentaine de personnes sollicitées par l’association Générations Futures, la chanteuse (et marraine de notre livret « Cantines Bio, le guide pratique des parents« ) s’est prêtée à une analyse d’urines pour repérer dans son organisme d’éventuelles traces de glyphosate, la célèbre molécule chimique qui entre dans la composition du Roundup de la société Monsanto. Résultat : comme pour les 29 autres cobayes, le taux de la consommatrice avertie, qui privilégie le bio au quotidien, dépasse la norme tolérée. Une question se pose : serions-nous tous contaminés ?

Émily Loizeau Un Plus Bio

Émily Loizeau : « C’est à nous, consommateurs, que revient le pouvoir de devenir plus puissants que les lobbys. »

Un Plus Bio : comment allez-vous ? Ou plutôt, comment ça va depuis que vous savez que vous êtes malade ?
Émily Loizeau : (rires). Oui, tout le monde ou presque est désormais au courant, au final je ne sais pas si j’ai bien fait de participer à l’expérience ! Je plaisante, car je suis très fière d’avoir été de l’aventure. Au départ j’ai été mise en contact avec Générations Futures par le biais de Cyril Dion, avec qui je collabore puisque je fais partie des signataires de l’appel du Chant des Colibris et de leur campagne pour l’écologie dans le cadre de la campagne présidentielle. J’ai accepté tout de suite car ce type de question me préoccupe grandement, et tout ce qui peut participer à éveiller les consciences et inciter nos élus à établir des priorités politiques me paraît juste. J’ai trouvé aussi tout aussi juste la démarche de Générations Futures car le test urinaire, en relevant de l’intime, renvoie à la vie de tout un chacun, généralement on effectue ces tests quand on se pose des questions sur son état de santé, quand on soupçonne que quelque chose ne va pas. Inviter ainsi plusieurs personnes et personnalités à accepter que ce geste intime soit rendu public, symboliquement je trouve que c’est assez fort. Cela permet de secouer l’opinion, juste au moment où l’Europe est sur le point de statuer sur le prolongement -ou non- de l’autorisation du glyphosate.

Vos résultats montrent que vous dépassez la contamination moyenne des personnes testées, avec 2,07 ng/ml*. Quelle est votre réaction ?

J’ai été très surprise, même si on nous a bien expliqué que la teneur mesurée pouvait varier en fonction de notre volume d’absorption d’eau la veille du test, etc. Sur le fond, l’intérêt n’est pas de distinguer entre les doses de chacun mais plutôt de découvrir que tout le monde en a !

A quoi attribuez-vous cette contamination ?

À la maison, je mange exclusivement bio, mais je suis assez souvent en tournée et donc confrontée à un environnement alimentaire où on ne choisit pas toujours. J’incite les salles sur mon rider de tournée (demandes personnelles et techniques adressée au salles avant chaque concert) à proposer du bio, du raisonné ou du local, souvent elles jouent le jeu mais pas toujours, restant convaincues peut-être que cela leur coûtera forcément plus cher, ce qui n’est pas le cas si on prépare une nourriture simple… et puis il arrive parfois qu’on mange sur le pouce, dans le train, sous forme de restauration rapide parce qu’il n’y a pas le choix. Le résultat des tests montre que les molécules chimiques se retrouvent partout : dans l’eau, dans l’air, sans doute même dans l’agriculture biologique qui voisine parfois avec l’agriculture conventionnelle, dans le poisson sauvage aussi.

« Il y a quand même une prise de conscience comme jamais auparavant. »

Bref, des produits non contrôlables, y compris par les gens qui sont tournés presque exclusivement vers l’écologie et le bio. Et ce qui rend l’expérience inquiétante, c’est que d’habitude, lorsqu’on repère des problèmes dans une analyse d’urines, il reste toujours le chemin du médecin qui vous explique et vous prend en charge pour changer le cours des choses. Alors que là, on ne peut rien faire. Il n’y a pas de but pour essayer de comprendre, de dénouer, d’analyser, de légiférer ou de médicaliser. Pour moi, c’est le signe évident qu’un problème de santé publique n’est pas analysé comme tel. Et tant qu’on ne mènera pas une action radicale et très forte sur l’agriculture d’aujourd’hui, et même si on interdit à court terme l’emploi du glyphosate, il subsistera de nombreux dangers.

L’autre surprise que cette expérience révèle, à mes yeux, est qu’il est ahurissant que ce type de test provienne d’une association et d’une initiative citoyenne et non d’une démarche publique et institutionnelle. A minima je trouve qu’il faudrait mettre en place de vrais protocoles de contrôle qui respectent le principe de précaution, de sorte qu’un produit ne puisse être mis sur le marché qu’à la seule condition qu’il n’existe pas le moindre doute. Or on sait que le glyphosate est une molécule classée comme probablement cancérigène depuis 2015…

Si nous sommes tous contaminés, que faire ?

Cette expérience a de quoi légitimement nous inquiéter, mais elle ne m’empêchera pas de rester très optimiste et positive, dans le sens où il y a quand même une prise de conscience comme jamais auparavant, cela se voit jusque dans les thèmes de la campagne présidentielle même si ce n’est pas généralisé. Il y a de plus en plus d’initiatives, les citoyens dont beaucoup de jeunes se sentent vraiment interpellés par ces problématiques. On va donc aller, je pense, vers une amélioration. Il faut juste qu’on arrive à faire le poids face à la Commission européenne et les grands groupes industriels.

Selon vous, justement, est-ce la profession agricole qui est devenue trop dépendante du glyphosate ou cela vient-il de la pression exercée par les lobbys dans les couloirs de Bruxelles?

Oulah, je ne suis pas une experte de ces questions ! Mais je dirais que… nous sommes dans un cercle qui n’est pas vertueux. Tant qu’on restera dans une logique économique de surconsommation et de surproduction, on laissera les agriculteurs face à des échéances et des efforts de rendement qui leur sembleront hors d’atteinte sans le recours à toujours plus d’engrais chimiques et de pesticides. Il en résulte une situation favorable aux lobbys qui profitent de cette brèche pour emprisonner les agriculteurs dans des usages de produits qui appauvrissent et finissent par tuer les sols. La seule solution est de mettre en place une démarche politique forte qui permette aux agriculteurs de s’inscrire dans une économie et une éthique vertueuse afin de faire la nique aux industriels. Notre rôle de consommateurs est à ce titre essentiel, c’est à nous que revient le pouvoir de devenir plus puissants que les lobbys, en agissant sur notre consommation, sur notre refus, sur notre désir d’autre chose et sur notre pouvoir d’expression via les pétitions et des campagnes médiatiques. Bon, je dis cela sans expertise, simplement en tant que chanteuse, maman et citoyenne passionnée qui s’intéresse à ces sujets. Mais je le dis à mes enfants : vous allez être les pionniers d’une nouvelle manière de vivre ensemble car nous sommes à l’aube d’une révolution éthique, écologique et sociale. Aucune raison d’être « dépressiogène »!

*96.66 % (29 concentrations sur 30) des concentrations étaient supérieures à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau de 0.1 ng/ml.

Et voici la nouvelle grille des repères alimentaires

Enfin des bonnes nouvelles pour la santé publique ? À la suite du rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), le Haut conseil de la santé publique a publié le 20 mars un avis relatif à la « révision des repères alimentaires pour les adultes du futur Programme national nutrition santé 2017-2021 ». En clair, le programme mangerbouger.fr va… bouger un peu dans les mois qui viennent. On a assemblé pour vous le tableau ci-dessous qui figure dans l’avis (cliquer).

Nouveaux repères HSCP Un Plus Bio2
Le HCSP commence à prendre en compte ce que de nombreux spécialistes (scientifiques, nutritionnistes, épidémiologistes, etc.) signalent depuis plusieurs années : il devient nécessaire de réduire la consommation de certaines familles d’aliments connus pour causer des désordres en cas d’excès. Il en va ainsi des boissons sucrées qui sont désormais vues avec prudence, y compris les jus de fruits, la viande (surtout rouge), les charcuteries : pas plus de 150 g par semaine et encore, en privilégiant le jambon blanc.

Le bio fait une (timide) apparition

Les matières grasses végétales sont désormais recommandées, spécialement celles qui sont riches en acide alpha-linolénique comme l’huile de colza et d’olive, un peu moins celles de tournesol ou d’arachide. Pour le reste les nouveaux repères bougent un peu moins, notamment sur les poissons (deux fois par semaine) et les produits laitiers (jusqu’à trois fois par jour). De même, sur les fruits et légumes, il faut continuer d’en consommer au moins cinq par jour. Avec une petite nouveauté : un appel du pied est fait à l’agriculture biologique. Le HCSP explique que « pour les fruits et légumes, le repère de consommation est d’au moins 5 par jour qu’ils soient bio ou non ; s’ils sont issus de l’agriculture biologique, c’est un plus ». Enfin la vraie nouveauté se situe au niveau des protéines d’origine végétale : les légumineuses sont enfin vues comme des substituts possibles à la viande et à consommer au moins deux fois par semaine. Nul doute que le GEMRCN verra dans la foulée évoluer ses préconisations vers la possibilité d’intégrer des menus non carnés dans les restaurants collectifs.

Naissance d’une licence pro santé, nutrition et alimentation à Nîmes (30)

Vous êtes responsable de collectivité ou d’entreprise agro-alimentaire ou de restauration collective ? Pourquoi pas imaginer de faire appel à de futurs apprentis spécialisés dans l’alimentation en lien avec la santé ? Portée par la Faculté de pharmacie de Montpellier et le CFA Universitaire EnSup-LR, une licence professionnelle des métiers de la santé, nutrition et alimentation a vu le jour au sein de l’établissement CCI Sud formation Nîmes, situé dans la commune limitrophe de Marguerittes. Au menu de cette formation d’une durée de 435 h sur un an : la découverte des « techniques culinaires adaptées à la santé » qui permet aux professionnels de l’hôtellerie restauration et des industries agro-alimentaires d’acquérir une connaissance des aliments, des fonctionnements, des mécanismes physiologiques, une appréhension des phénomènes d’intolérances alimentaire et une compréhension des interactions des aliments entre eux et avec les médicaments. En restauration collective, cela signifiera trouver « la capacité à concevoir et réaliser des menus spécifiques dans le cadre d’un modèle économique viable et dans le respect des nouvelles réglementations ».

Plus d’infos ici.

La recette de l’Ehpad de Corps (Isère) : le porc à la chartreuse verte et au miel

Ou comment approcher la cuisine pour les personnes âgées. Recette numéro 2 : le plat.

fiche recette Ehpad Mens 2-1

Valbonne : les chèvres anti-incendie de la Côte d’Azur feront aussi du fromage

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Emmanuel, Françoise et leurs deux enfants, nouveaux chevriers installés grâce à un soutien de la ville.

Ce sont des petites histoires comme on les aime et qui donnent un air neuf aux installations agricoles soutenues par les collectivités, même sur des terres connues pour être parmi les plus chères de France. Dans les Alpes-Maritimes, à Valbonne (membre du Club des Territoires Un Plus Bio), Emmanuel Durst, Françoise Bonnefoi et leurs deux enfants vont pouvoir concrétiser un vieux rêve : vivre de l’agriculture en produisant des fromages de chèvres bio mais pas seulement… Le projet du couple participera aussi à lutter contre le risque incendies, particulièrement vif dans la région, et s’ouvrira au public avec la découverte des activités de la ferme. «Le maire de Valbonne avait l’idée en tête depuis longtemps de construire une chèvrerie sur le territoire de la commune pour voir un troupeau s’installer, résume Françoise. Quand on a vu que le projet prenait enfin tournure, on a sauté sur l’occasion. Notre souhait est de faire aboutir un grand projet où le fromage, notre futur principal revenu économique, sera aussi le support à recevoir le plus d’enfants possible pour leur faire d’ouvrir la paysannerie, le soin des animaux et la fabrication d’un produit alimentaire de qualité !»  Philippe Vivarelli, élu à l’agriculture, à l’agropastoralisme et au patrimoine, confirme que « la mairie a fait construire le bâtiment d’exploitation qu’elle loue, ainsi que les terrains alentours. Un des buts est le débroussaillage des forêts dans le cadre de la lutte contre les incendies »

Levée de fonds participative

Située en face du lycée Simone-Veil, route de Biot, la chèvrerie de Valbonne comprendra une soixantaine de chèvres et deux boucs de race Alpine chamoisée. Le troupeau fera de l’éco-pâturage avec l’aide des deux chiens border collie, sur les 25 hectares de parcours adjacents à la chèvrerie. Françoise et Emmanuel produiront du fromage au lait cru d’ici début 2018, après la mise bas des premiers chevreaux. « On mise sur une production de 40 000 litres de lait, avance la chevrière en devenir et le fromage sera vendu directement à la ferme, sur les marchés, les AMAP, les coopératives bio et dans les épiceries et restaurants environnants ». Avec un peu de chance, « le restaurant intergénérationnel de la commune aura aussi droit à quelques livraisons », espère Philippe Vivarelli.
chevrerie valbonne unplusbioPour financer leur projet, Françoise et Emmanuel ont lancé une levée de fonds participative sur le site Mimosa, avec succès : ils viennent de réunir la somme de 10 100 €, soit 100 € de plus que la barre qu’ils s’étaient fixés, sans laquelle le projet n’aurait pas reçu le coup d’accélérateur attendu. « Avec cette somme on est sûrs de pouvoir acheter le troupeau, il faut en effet compter 250 € par chèvre plus le transport depuis Mâcon, en Saône-et-Loire, on monte donc rapidement à 16 000 ou 17 000 €. » Les locataires de la chèvrerie municipale demeurent encore à Mougins, une commune voisine, mais ils logeront bientôt tout près de la ferme. Ils vont emménager dans une petite maison restaurée par l’Inra, propriétaire des murs.

Quand un cuisinier gardois exporte son savoir-faire en Aveyron

cantine bio saint affrique unplusbio

« La cantine bio, c’est maintenant », sujet du débat de Saint-Affrique.

« La cantine bio, c’est maintenant ». Tel était le sujet d’une table ronde à laquelle a participé le cuisinier en collectivité de la ville de Manduel (membre du Club des Territoires Un Plus Bio, Gard). Lauréat d’une victoire de la cantine rebelle à Paris en 2016, Lionel Senpau était sollicité par l’association Alternabio qui organise chaque printemps à Saint-Affrique, en Aveyron, une grosse foire départementale dédiée au bio. Autour de la table du débat, des élus de la ville et alentours, des représentants de l’Apaba (réseau Fnab), des cuisiniers de petites comme de grosses structures (de 16 repas à plus de 1000)… Les parents d’élèves étaient toutefois les plus nombreux dans le public. Tous ont pu se nourrir de l’apport des guides pratiques que Lionel avait emmenés pour les offrir à tous ceux qui veulent passer à l’action sur leurs territoires.