À Dijon, l’étape riche en débat d’idées du Tour de France d’Un Plus Bio

Didier Thévenet, directeur de la cuisine centrale de Lons-le-Saunier, un des pionniers de la qualité alimentaire en restauration collective.

Relocalisation agricole, montée du bio dans les assiettes, débats et visite de site au menu dans la capitale bourguignonne, elle-même engagée dans des évolutions majeures

De bons débats, de nombreux invités, des représentants du monde politique, économique et associatif local et régional. L’étape dijonnaise du Tour de France des cantines rebelles a été l’occasion très pratique de parler alimentation et développement des territoires. La journée a commencé par la visite de la Maison Roger, le plus grand boulanger de la ville avec 150 employés et un réseau de vingt boutiques réparties dans l’agglomération. Le pain artisanal est fabriqué à partir de farines issues d’une filière relocalisée et financièrement consolidée pour les producteurs (pacte Agri-éthique). La commande publique de la ville de Dijon pour les cantines municipales a également entraîné la naissance d’une activité bio au sein de l’atelier de production.

Plus tard, les invités se sont rejoints à l’hôtel de la métropole, laissé libre pour une présentation des enjeux locaux par Patrice Château, l’adjoint au maire chargé des espaces verts et de la restauration collective : 15% de bio dans les assiettes dijonnaises, un chiffre en progression qui traduit aussi la volonté de développer le local. L’ancien ministre et maire François Rebsamen a en effet fixé un cap d’autosuffisance alimentaire à l’horizon des dix prochaines années sur l’aire urbaine.

Maria Pelletier, présidente de Générations Futures : « Nous avons franchi le seuil de plus de 1000 nouveaux cas de cancers par jour en France. »

À sa suite Maria Pelletier, présidente de Générations futures et elle-même céréalière bio, a rappelé tout l’intérêt de passer à une production agricole biologique sur tous les territoires, expliquant qu’on ne pouvait pas se satisfaire d’avoir « désormais franchi le seuil de plus de 1 000 nouveaux cas de cancers par jour en France ». La tonalité alarmiste du discours contre « les cocktails de pesticides qu’on retrouve dans toute la chaîne alimentaire » a eu le mérite de redonner un cadre aux vraies urgences avant qu’un débat s’engage sur le volontarisme et l’action dont font preuve certains acteurs locaux et régionaux. C’est le cas du projet de légumerie mise au point par un groupe d’insertion par l’économique dans le cadre du Projet alimentaire territorial (PAT) local. C’est le cas également à Lons-le-Saunier, dans le Jura voisin, où le directeur de la cuisine centrale Didier Thévenet a démontré comment la restauration collective était au cœur de la reconquête d’un écosystème local qui, au-delà de la préparation maison de milliers de repas quotidiens, a permis de dépolluer les nappes phréatiques et de faire baisser le prix de l’eau au robinet. Enfin, le témoignage du chef de cuisine gardois Lionel Senpau à Manduel (Victoire de la cuisine vivante en 2016) a donné du baume au cœur à ceux pour qui alimentation de qualité aurait parfois tendance à rimer avec casse-tête pour collectivité !
Après Nîmes au printemps et avant Paris les 14 et 15 novembre prochain, le Tour de France d’Un Plus Bio s’est imposé comme l’enceinte principale des débats de fond en restauration collective engagée.

Quand McDonald’s veut investir l’île d’Oléron, un village résiste

Le maire de Dolus d’Oléron, Grégory Gendre.

Grégory Gendre, maire de Dolus d’Oléron, commune membre du Club des Territoires Un Plus Bio, s’est vu débouter par le tribunal administratif de son refus d’accorder un permis de construire au géant américain de la restauration rapide. Il a jusqu’au 21 octobre pour donner officiellement le feu vert, sous peine d’amende.

Dolus d’Oléron, ses étendues sauvages, ses ostréiculteurs, ses plages et sa cantine de plus en plus bio et locale. Presque 3 300 habitants et une vie plutôt paisible, du moins hors saison. Car avec 180 000 visiteurs par an, au plus fort de l’été, le village et l’île d’Oléron sont aussi un grand marché qui aiguise l’intérêt et l’appétit des investisseurs. L’enseigne de fast-food McDonald’s, par exemple, a jeté son dévolu sur ce territoire insulaire de Charente-Maritime. Ou du moins essaie, car ce n’est pas toujours simple pour elle et voilà déjà trois ans que s’est engagée une lutte juridique et administrative contre la commune de Dolus.

McDo indésirable sur l’île (la chaîne est déjà présente à quelques encablures, Marennes-Oléron) ? En considérant le premier plan du tableau local, c’est une partie technique subtile qui oppose le maire au géant américain. Sous-dimensionnement présumé du stationnement, risque d’encombrement de la circulation aux heures fastes… « On reste dans le droit de l’urbanisme, les surfaces de planchers, les considérations purement techniques et à cet égard, ce projet nous semble présenter des risques qui nous conduisent à refuser le droit de construire ce qui serait par ailleurs le premier McDo sur une île de la côte atlantique », explique Grégory Gendre. Une position de nouveau défendue devant le tribunal administratif où la commune était attaquée par l’enseigne de restauration et le propriétaire du terrain, lequel, de son côté, aimerait bien faire aboutir sa vente. Mais cette position a été rejetée le 21 septembre dernier, lorsque le juge a enjoint l’ordre à la commune de bien vouloir délivrer un permis en bonne et due forme à McDonald’s d’ici au 21 octobre, sous peine d’avoir à payer une astreinte de 300 € par jour, en plus des 2 000 € de dommages-intérêts déjà notifiés.

Agriculture et alimentation durables contre restauration au rabais ?

Il faut donc regarder le second plan pour mieux comprendre de quelle lutte relève l’opposition entre les parties. Issue des urnes en 2014 avec la ferme volonté de pratiquer une politique durable aussi bien en terme de tourisme que de préservation des espaces naturels et agricoles, la majorité municipale défend la vision d’un développement alimentaire territorial cohérent, dans le cadre d’une transition énergétique, écologique et sociale globale. La restauration scolaire est une des traductions pratiques de cette démarche. Avec près de 40% d’achats consacrés en 2016-2017 aux produits bio servis dans le cadre de quelque 30 000 repas annuels, Dolus vient d’obtenir le niveau 2 de la labellisation « En cuisine » conduite par l’organisme Ecocert. « Nous sommes particulièrement fiers de ce résultat car il concrétise une véritable démarche collective et collaborative associant le personnel de cantine, le personnel administratif, les producteurs locaux, la plate-forme Mangeons bio, le réseau Un Plus Bio, les parents d’élèves et bien entendu les enfants », confie le maire. Donner du sens au développement territorial, voilà le cap municipal. L’idée de voir surgir l’antenne d’une enseigne régulièrement associée à l’image de la malbouffe est ainsi prise très au sérieux par les élus, soutenus dans leurs positions par plusieurs associations locales, et malgré une opposition et quelques habitants qui jugent la querelle stérile ou dépassée.

Pour sortir de l’impasse ou poursuivre la lutte, une réflexion est en cours. Le maire de Dolus pense faire appel -non suspensif- de la décision de justice, et doit réunir d’ici une semaine ses élus pour prendre une nouvelle décision : céder à la demande du juge ? Encourir le risque de payer l’amende en mobilisant des donateurs sur la durée ? Attendre un nouveau jugement en appel ? L’affaire McDolus n’est pas encore terminée.

Sur tablette, smartphone, journaux et autres télés, les cantines bio ont la côte

Le débat d’Europe 1 avec une ITV de Stéphane Veyrat en cours d’émission…

Drôle de changement d’époque. En 2014, Un Plus Bio plaidait pour que la restauration collective s’invite dans les programmes et les réunions publiques des élections municipales. C’était il y a un peu plus de trois ans, autant dire une éternité, le sentiment de militer dans une sorte de désert des idées était alors assez fort. Cette époque est visiblement révolue, les approches ont largement évolué et il semble que le paysage médiatique se soit mis au diapason d’un mouvement de fond en société, auquel Un Plus Bio a apporté sa pierre. Bien sûr le bio n’est pas encore la règle dans les cantines et il y a encore bien du chemin à parcourir dans les consciences comme dans les actes. Notre revue de presse du mois révèle néanmoins que les lignes bougent, et c’est tant mieux.
Ainsi sur M6 avec un long documentaire pas trop mal fait sur la restauration scolaire de Béthune (lire aussi notre communiqué à la suite de l’émission, un dossier spécial très complet dans Alternatives économiques où figure également Un Plus Bio, des reportages sur France 2, un numéro spécial du magazine Sans transition

 

Inscrivez-vous aux rencontres de Paris, c’est le 15 novembre

Les premières Victoires, en novembre 2016. Photo Guillaume Bodin

C’est aujourd’hui 10 octobre que se termine le dépôt des dossiers de candidature aux Victoires des cantines rebelles 2017, dont la cérémonie aura lieu le 15 novembre à l’hôtel de ville de Paris. Ce même jour, l’Observatoire de la restauration collective bio et locale, outil unique mis en place cette année par Un Plus Bio et la société Ecocert, livrera ses premiers résultats d’enquête sur la réalité objective des pratiques et des coûts dans les cantines qui introduisent le bio : des chiffres inattendus qui tordent le cou à certaines idées reçues. Vous êtes vous-mêmes acteur-trice du monde de la bio, de la restauration collective engagée, élu(e) de collectivité, chargé(e) de mission, technicien ou encore expert des politiques publiques de l’alimentation ? Alors inscrivez-vous à la journée du Club des Territoires et participez aux échanges et débats.

Le formulaire d’inscription ici.

Quand les cantines se rebellent au festival du livre de Mouans-Sartoux

Gilles Pérole, Stéphane Veyrat, Cyril Dion, Vandana Shiva et Lionel Astruc.

L’un des principaux salons littéraires de rentrée s’est déroulé le week-end dernier à Mouans-Sartoux, où une pléiade d’auteurs  (Jean-Claude Carrière, Christophe Barbier, Edgar Morin, Benjamin Stora…) avaient rendez-vous avec un large public autour du thème de cette année (30e édition): « Aller à l’idéal ». Parmi eux, Stéphane Veyrat, co-auteur avec Julien Claudel de « Quand les cantines se rebellent », le manifeste pour une restauration collective bio, locale, saine et juste. Un ouvrage certes modeste par ses prétentions littéraires mais immense par ses ambitions politiques ! De quoi éclairer les débats autour de la projection du film de Guillaume Bodin « Zéro-phyto – 100% bio ». Le festival était aussi l’occasion de croiser des visages « amis » d’Un Plus Bio : Cyril Dion, la militante indienne Vandana Shiva ou encore Françoise Nyssen, la ministre de la culture venue avec son mari Jean-Paul Capitani. On n’oublie pas que ces deux derniers ont créé une école alternative à Arles où les enfants mangent des menus faits maison et 100% bio !

Les équipes en cuisine et du projet alimentaire de Mouans-Sartoux à l’honneur avec les personnalités, dont Françoise Nyssen, ministre de la culture (au centre).

 

À Tours, « cuisine et développement durable : un mariage heureux ? »

Un Plus Bio participera aux rencontres François-Rabelais, le 17 novembre prochain à Tours sur le thème de l’alimentation durable et ses multiples ramifications : pêche durable, locavorisme, écolabels, politiques publiques d’alimentation, etc. Des chercheurs, des formateurs, des chefs cuisiniers et des professionnels du secteur alimentaire se prêteront au débat d’idées avec des critiques et des politiques, dans des échanges croisés qui font toute la saveur de ces rencontres. Stéphane Veyrat, directeur d’Un Plus Bio, est invité à la table ronde qui aura pour thème : le bio est-il durable? Ou comment réconcilier le sain et le durable dans nos assiettes.

Tout le programme ici

Candidatez aux Victoires des cantines rebelles jusqu’au 10 octobre et venez les fêter le 15 novembre à Paris

Les premières Victoires, en novembre 2016. Photo Guillaume Bodin

Les premières Victoires, en novembre 2016. Photo Guillaume Bodin

Victoires, deuxième ! Vous portez un projet alimentaire bio, local et sain en restauration collective ? Que vous soyez élu d’une collectivité locale, membre d’un collectif ou d’une association de citoyens ou encore chef de cuisine, les Victoires des cantines rebelles sont faites pour vous. Organisé la première fois en 2016 par Un Plus Bio, cet événement national unique est destiné à récompenser les initiatives exemplaires dans les cantines. Il se déroule à l’hôtel de ville de Paris, le 15 novembre.

En présence de nombreux représentants du monde politique, institutionnel et des acteurs du monde de la bio qui défendent en France une certaine idée de la qualité alimentaire dans les assiettes, les Victoires des cantines rebelles seront parrainées par cinq personnalités publiques elles-même engagées dans la diffusion d’idées et d’actions qui font évoluer la vision de notre avenir alimentaire. Cinq noms qui seront dévoilés au cours des semaines qui viennent : suspense !

Pour cette nouvelle édition, les Victoires distingueront cinq lauréats dans trois catégories : collectivités et structures locales qui portent des projets significatifs, collectifs de citoyens qui inspirent une volonté de changement dans les assiettes, enfin équipes en cuisine qui se passionnent pour la restauration collective de qualité. L’idée de manger bio, local et sain ne s’est jamais autant invitée qu’aujourd’hui dans le débat public et Un Plus Bio, qui travaille depuis plus de quinze ans sur l’évolution des politiques alimentaires en restauration collective, souhaite par ces Victoires montrer toute la dynamique des actions engagées de plus en plus souvent sur les territoires en France.

Pour candidater, rien de plus simple : les dossiers d’inscription sont à remplir en ligne ou à renvoyer par courrier, vous avez jusqu’au mardi 10 octobre pour soumettre votre projet. L’équipe d’Un Plus Bio analysera attentivement les éléments fournis qu’elle présentera à un jury composé d’une dizaine d’experts reconnus des politiques alimentaires. Les nominés dans chaque catégorie seront informés dès la fin du mois d’octobre de leur qualification et les lauréats seront invités à se rendre à Paris pour présenter publiquement leur projet. Être candidat, accepter de participer, c’est aussi amplifier le message que nous portons ensemble. À vos plumes et claviers !

Retrouvez ici notre dossier de presse spécial.

Participez au Tour de France d’Un Plus Bio à Dijon le 27 septembre

Plus de 15% de produits bio dans les assiettes de Dijon depuis cette rentrée.

Plus de 15% de produits bio dans les assiettes de Dijon depuis cette rentrée.

Après une première série très appréciée à Grande-Synthe (59), Salon-de-Provence (13), Toulouse, Nantes et Nîmes, autant de territoires bio-engagés en restauration collective, c’est au tour de Dijon, également membre du Club des Territoires Un Plus Bio, de recevoir l’étape du Tour de France des cantines rebelles, le 27 septembre. Cette journée est faite pour tous ceux qui veulent agir pour de nouvelles pratiques alimentaires dans les cantines. Elle est gratuite et ouverte à tous les acteurs intéressés pour faire évoluer le contenu des assiettes : adhérents d’Un Plus Bio mais aussi non adhérents, élus, techniciens, citoyens, chargés de mission, cuisiniers. Au menu de la journée: visites pratiques de sites, échanges et débats thématiques. Pour consulter tout le programme et vous inscrire, si possible avant le 15 septembre, c’est par ici.

 

États généraux de l’alimentation : la garde rapprochée d’Un Plus Bio invitée

gillou sandrineQuel signal fort peut espérer la restauration collective de la grande aventure des États généraux de l’alimentation qui se déroulent jusqu’à la fin de l’année ? Alors que le président de la République et le ministre de la transition écologique ont réaffirmé l’objectif ambitieux d’atteindre 50% des achats en bio et local dans les cantines d’ici à 2022, les débats sont encore bien ouverts sur les différents moyens d’y parvenir. A cet égard, deux membres importants d’Un Plus Bio ont été conviés à participer aux ateliers thématiques : Sandrine Lafargue, vice-présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques en qualité de représentante de l’Association des Départements de France à l’atelier n°10 (Lutter contre le gapsillage alimentaire), et Gilles Pérole, président d’Un Plus Bio, représentant cette fois l’Association des maires de France à l’atelier n°2 (Développer les initiatives locales et créer des synergies). Par ailleurs Johanna Rolland, maire de Nantes (membre du Club des Territoires Un Plus Bio) et les députés Guillaume Garot et Dominique Potier co-présideront trois des quatorze ateliers. Trois personnes bien connues d’Un Plus Bio dont les travaux sur la qualité alimentaire ont été bien remarqués.

Nouvelle recherche de pesticides dans les cheveux des enfants : Un Plus Bio partenaire

Le professeur Gilles-Éric Séralini veut connaître « l’influence de l’alimentation sur la contamination environnementale possible des enfants ».
Seralini

Gilles-Éric Séralini.

Connu comme l’un des rares chercheurs indépendants à pourfendre publiquement l’usage des pesticides et alerter sur les problèmes de santé qu’ils engendrent, le professeur de biologie moléculaire (Université de Caen) se lance dans une nouvelle aventure destinée à élargir le débat. À partir de décembre prochain, une cohorte de 100 enfants âgés de 2 à 5 ans mangeant 100% bio à la maison comme à la cantine se verront prélever une mèche de cheveux destinée à être passée au crible d’un laboratoire indépendant. Pour élargir le spectre des analyses, une centaine d’autres enfants ne mangeant pas bio seront également impliqués. Cette action est co-organisée par Biocoop et le Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique).

pesticides labo

Des poisons cachés et des dérivés de pétrole dans les pesticides ?

Elle sera conduite en partenariat avec Un Plus Bio, Générations futures et le réseau Écolo-crèche. Certains apporteront un soutien dans la recherche des candidats aux analyses, d’autres aideront à interpréter tout ou partie des résultats techniques. « La collecte et l’analyse des mèches donnera pour la première fois une connaissance de l’influence de l’alimentation sur la contamination environnementale possible des enfants, afin de savoir quels pesticides entrent dans leurs corps, et en quelle quantité à moyen terme », explique Gilles-Éric Séralini qui espère pouvoir livrer les premiers résultats fin 2018 et les valider scientifiquement par une publication courant 2019. Avec, à la clé, une possible mobilisation des parents impliqués dans l’étude auprès des responsables politiques. « Depuis plus de vingt ans, il existe des poisons cachés et des dérivés de pétrole dans les pesticides qui s’avèrent plus dangereux que les prétendus principes actifs des pesticides eux-mêmes, il faudra bien un jour que les autorités s’expliquent sur les autorisations de mise sur le marché qu’elles ont données à tous ces produits », prévient le chercheur.