Tour de France des cantines rebelles : le Pays Basque à l’honneur !

François Gallet, chargé de mission au comité des pêches maritimes des Pyrénées-Atlantiques, accueille la délégation d’Un Plus Bio à la criée de Saint-Jean-de-Luz.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, une des forces du Pays Basque est de voir cohabiter un littoral magnifique dont les pêcheurs sont les acteurs engagés et des montagnes rapidement reculées où se nouent des projets de territoire portés avec cœur par des élus motivés. Pour la première étape du Tour de France des cantines rebelles, le 28 mars, Un Plus Bio a choisi de proposer à ses adhérents les visites du port de Saint-Jean-de-Luz et de la régie agricole de Mendionde. Mon premier est la cinquième criée nationale de France (11 000 tonnes de poisson par an) où la grande majorité des 150 pêcheurs affiliés vit d’une pêche à taille humaine telle que la saluent les ONG spécialisées.

La criée locale, cinquième port de pêche de France avec 11000 tonnes de poisson pêchés et commercialisés chaque année.

Les chefs de cuisine des collèges commandent directement à l’un des trois mareyeurs agréés par le Département les produits d’une pêche de saison qu’ils préparent minutieusement avec leurs équipes. Ici, pas de poissons carrés avec les yeux dans les coins, mais une approche de la cuisine vivante avec des produits accessibles et de saison. Ma seconde est un projet agricole né dans le pays de Hasparren, sur la commune de Mendionde. Héritière par donation du magnifique domaine de Garro, celle-ci a souhaité redonner à cette vénérable bâtisse à restaurer et ses trente hectares la vocation agricole qu’elle avait jusque dans les années 1960.

Une ferme magnifique dans le pays de Hasparren, où trois maraîchers travaillent notamment pour la restauration collective locale.

Accueilli et guidé par Lucien Betbeder, maire de la commune, et par Argitxu Ithourria, chef de culture et responsable de la Scic (société coopérative d’intérêt collectif) Garroa, un groupe d’une trentaine de personnes a pu découvrir le lieu et son fonctionnement. Née en 2009, la Scic réunit à ce jour trois maraîchers sur neuf hectares dont 3600 m² de tunnels froids. Les acteurs de la structure, qui associe la commune, la communauté de communes et plusieurs institutions locales, forment des porteurs de projet et les apprentis de la formation BPREA maraîchage bio du centre de formation des apprentis agricoles de Hasparren.

Lucien Betbeder, le maire de Mendionde (commune adhérente du Club des territoires Un Plus Bio), reçoit les invités pour la visite.

Que retenir des visites de ces deux sites ? Que dans les deux cas, les cantines sont vues comme l’un des leviers du développement économique local. Et que quand l’autorité politique s’engage, c’est toute une chaîne d’acteurs qui se met en mouvement en créant de nouveaux maillons.

Dans l’après-midi, trois programmes alimentaires motivants ont été présentés au débat : le programme Manger bio&local, labels et terroir des Pyrénées-Atlantiques, la couveuse agricole SAS Graines du Béarn voisin et la régie agricole de Mouans-Sartoux (06). Où l’on a bien compris qu’un approvisionnement de qualité en restauration collective passe d’abord par la relocalisation de la production, pour le plus grand intérêt, voire le bonheur des acteurs engagés.

Frank Meymerit, directeur du Civam Béarn, présente la couveuse agricole SAS Graines.

Pluie de bonnes nouvelles sur le bio en restauration collective !

 

Le programme Ambition bio 2022 veut accroitre la surface agricole française dédiée au bio à 15%.

S’il fallait retenir l’essentiel, trois temps forts de l’actualité démontrent que les cantines bio, locales, saines et justes sont de plus en plus inscrites l’ordre du jour de l’agenda politique et institutionnel de la France. Pour commencer, les discussions ont été ouvertes il y a quelques jours en commission par les députés à propos du prochain décret qui fixera la feuille de route des cantines d’ici à 2022 : 50% de produits de qualité (le bio entrera pour 20% et les signes officiels de qualité pour 30%). Les gestionnaires de restauration collective devront ensuite mettre en musique cette loi sur l’alimentation issue des États généraux de l’alimentation. Un grand pas de franchi dans l’évolution de nos habitudes alimentaires.

Deuxième actualité : la publication par les experts du Haut conseil de santé publique (HCSP) de nouvelles recommandations sanitaires où l’alimentation occupe une belle place. Dans son « avis relatif aux objectifs quantifiés pour la politique nutritionnelle de santé publique (PNNS) 2018-2022 », l’autorité sanitaire propose d’ « augmenter la consommation de produits bio dans la population de sorte que 100 % de la population consomment au moins 20% de leurs consommations de fruits et légumes, produits céréaliers et légumineuses issues de produits bio par semaine ». C’est la première fois que le bio est ainsi officiellement cité. D’autres messages assez rafraîchissants sont passés : plus de légumineuses et de protéines végétales, moins de viande, moins de produits ultra-transformés, etc. Le rapport complet ici.

Dernier événement dans le monde de la bio : le ministre de l’agriculture Stéphane Travert confirme l’objectif gouvernemental de 15% de surface agricole utile en agriculture biologique (contre environ 6% aujourd’hui) ou en cours de conversion à horizon 2022 et annonce que cette ambition mobilisera 1,1 milliard d’euros de crédits sur la période 2018-2022, contre 0,7 milliard sur la période précédente (2013-2017), soit une augmentation de 62%. Après des annonces qui ont parfois semé le doute dans la profession dont la fin de l’aide au maintien des exploitations bio au début de l’année, cette nouvelle orientation augure d’une ambition nouvelle pour les acteurs de la bio.

Elsa, un nouveau visage à Un Plus Bio

Elsa, la coordinatrice-animatrice du réseau.

Bienvenue à Elsa Chiffard-Carricaburu, nouvelle coordinatrice-animatrice d’Un Plus Bio. Certains d’entre vous l’ont déjà rencontrée à l’assemblée générale de Bayonne fin mars, elle venait juste de prendre ses fonctions. Elsa a étudié l’anthropologie à Marseille jusqu’à un master II qui l’a emmenée jusqu’à Naples où elle a vécu. Après un retour en France et avoir planché sur le développement de plusieurs associations dans le domaine de l’économie sociale et solidaire à Marseille, la restauration collective est devenue l’objet de toutes ses attentions lorsqu’elle fut chargée d’études au Parc naturel régional du Luberon. Sa mission a notamment consisté à animer l’opération « De la ferme à ta cantine » destinée à introduire plus de produits bio et locaux du territoire dans les assiettes locales des enfants des communes du Parc. Consommatrice engagée et responsable, personnellement investie depuis plus de dix ans dans le réseau des Amap et maman d’un petit garçon, Elsa souhaite mettre sa sensibilité aux thématiques d’éducation populaire au service du développement d’Un Plus Bio. Bienvenue à elle !

Et pendant ce temps, Un Plus Bio continue de faire campagne !

Patrice Château, élu à Dijon et secrétaire d’Un Plus Bio, au séminaire de l’Agence Bio.

Le travail de lobbying, pardon, de plaidoyer pour une alimentation plus saine en collectivité amène l’équipe d’Un Plus Bio, président et directeur en tête, à multiplier les rendez-vous avec les agents des ministères, les acteurs institutionnels et les collectifs spécialisés. Le bilan carbone légèrement défavorable qui s’en dégage – eh oui, être un acteur installé en région demande une grande mobilité !- a ouvert depuis 2017 des partenariats constructifs avec le ministère de l’Agriculture, celui de la Transition Écologique, ou la fondation Carasso. En mars, Un Plus Bio a donné de sa présence dans plusieurs réseaux. Elle s’est rendue au séminaire des plates-formes Manger bio ici et Maintenant à Lyon, a été invitée en tant que membre expert à l’Institut de l’alimentation biologique (IAB) créé par le groupe Ekibio, et a été représentée par Patrice Château, élu de Dijon et secrétaire d’Un Plus Bio, au séminaire international de l’Agence Bio.

Victoires des cantines rebelles 2018 : rendez-vous à Paris le 7 novembre

Le lieu -hôtel de ville de Paris- et la date -7 novembre 2018-, sont officiellement retenus. La troisième édition des Victoires des cantines rebelles, qui récompense les initiatives exemplaires des territoires engagés dans une restauration collective plus bio, locale, saine et juste, rassemblera de nouveau les principaux acteurs du monde qui agit en faveur de la bio en France. Retenez bien la date et commencez d’ores et déjà à plancher sur une éventuelle candidature. Que vous soyez élu(e) d’une collectivité, particulier ou collectif militant ou chef de cuisine, les Victoires sont faites pour donner une visibilité nationale aux projets que vous portez localement, toujours avec le parrainage de personnalités de la société civile.

La tournée d’Un Plus Bio au SIA et au SAS

Au salon de l’agriculture avec la députée Michèle Crouzet, chargée de l’article 11 (évolution des produits en restauration collective)  sur le projet de loi Alimentation…

Deux événements très différents, que d’aucuns considèrent carrément opposés. D’un côté, le Salon international de l’agriculture, plus grande ferme de France où se bouscule la société politico-médiatique dans un ballet incessant. De l’autre, la journée « Sortons l’agriculture du salon », à la Bellevilloise, une salle parisienne plus petite mais où de grandes idées circulent sur les modèles agricoles de demain. Un Plus Bio a choisi de participer aux deux événements. Au salon « in », Stéphane Veyrat et Gilles  Pérole ont rencontré des interlocuteurs de filières, des responsables politiques dont la députée Michèle Crouzet. Ils étaient accueillis sur les stands de l’Agence Bio et du Département de la Drôme. Au salon « off », rejoints par le maire de Dolus d’Oléron Grégory Gendre, ils ont pu éclairer les enjeux des politiques alimentaires avec le levier de la restauration collective bio et locale. Rendez-vous l’an prochain pour rééditer les deux moments de rencontre complémentaires et non opposables !

… Et à la la journée « Sortons l’agriculture du salon » organisée par Alimentation générale, aux côtés de Jean-Louis Robillard (ex-élu régional Nord-Pas-de-Calais) et Antoinette Guhl, adjointe à la maire de Paris chargée de l’économie sociale et solidaire, de l’innovation sociale et de l’économie circulaire.

Guide pratique des cantines bio : phénoménal succès !

Vous avez été plus de 5000 à télécharger ou acheter la version imprimée de « Cantines Bio, le guide pratique des parents », édité par votre association préférée, bravo! Nous remercions au passage Guillaume Bodin, réalisateur de Zéro-Phyto 100% Bio, qui a été, depuis presque un an, le plus fervent ambassadeur de cet ouvrage tout simple qui aide les parents réunis en collectifs à faire bouger les lignes des cantines sur tous les territoires.
Devant ce succès et l’épuisement du premier tirage, une deuxième édition va voir le jour en avril prochain, légèrement augmentée, avec toujours l’interview de soutien de la chanteuse Émily Loizeau et une page spéciale sur la démarche de labellisation Ecocert « En cuisine ».

Pétition pour du bio équitable à la cantine

Le projet de loi alimentation vise 50% de bio et de local d’ici à 2022 en restauration collective. Mais quid du mot « équitable », s’interroge Commerce équitable France, le collectif français de concertation et de représentation des acteurs de ce secteur en France ? Une pétition en ligne a été lancée, qui demande aux députés « d’amender le projet de loi, en faveur de l’introduction de produits issus du commerce équitable ». Rendez-vous ici pour soutenir la démarche.

Tour de France des cantines rebelles : ça repart, à Bayonne le 28 mars !

Comme en 2016 et 2017, Un Plus Bio prend les routes de France pour aller à la rencontre des acteurs qui font bouger la restauration collective. Quatre étapes sont programmées : Gonfreville-l’Orcher, qui créé sa propre régie agricole dans la région du Havre (juin), Nantes, pour le deuxième Nantes Food Forum (octobre) et Paris, lieu d’édition devenu rituel des Victoires des cantines rebelles (novembre). Mais avant, une première halte aura lieu à Bayonne le 28 mars, dans les Pyrénées-Atlantiques sur le thème «  Approvisionnement de qualité : introduire du bio, c’est introduire du local ». Le département, qu’Un Plus Bio accompagne par convention depuis plusieurs années dans le développement de sa politique alimentaire, a déployé un programme original intitulé « Manger bio&local, labels et terroirs », qui se traduit par le retour d’une cuisine vivante, bio et locale le plus possible, dans une quarantaine de collèges ainsi qu’une douzaine d’Ehpad.
Le 27 mars sera consacré à l’assemblée générale annuelle d’Un Plus Bio, moment toujours fort et précieux de la vie du réseau où se décident les grandes orientations. Étape du Tour de France des cantines rebelles, le 28 est ouvert aussi bien aux adhérents qu’aux personnes et organismes extérieurs. Des visites de sites engagés le matin, un débat sur la relocalisation de l’alimentation l’après-midi, le tout en présence de nombreux témoins et acteurs du territoire.

Programme et inscriptions, à renvoyer avant le 16 mars.

Le Club « Territoires Alimentation Bio » à la conquête de l’Europe

Les représentants des villes fondatrices du réseau européen. Un petit clic pour agrandir.

Le jeudi 25 janvier a eu lieu à Mouans-Sartoux le lancement officiel du réseau européen des villes et territoires engagés dans le changement des politiques alimentaires. Nouveau venu dans le paysage, dessiné sur les contours du Club des Territoires Un Plus Bio, ce club baptisé « Territoires Alimentation Bio / Organic Food Territories » a pour ambition de nouer des liens avec ce qui se fait de mieux au sein de l’Union européenne en restauration collective bio et durable, en vue de peser sur l’évolution des politiques alimentaires dans un espace qui dépasse le cadre de la France. Ecocert, partenaire historique d’Un Plus Bio et l’Agence Bio, représentée par son directeur Florent Guhl, ont apporté tout leur soutien à cette démarche d’ouverture vers pays de l’Union.

Un repas convivial organisé la veille, dans les jolies ruelles de Mouans-Sartoux, pour faire connaissance.

Voici la liste de la vingtaine de collectivités fondatrices: Cavalaire-sur-Mer (83), Correns (83), Dolus-d’Oléron (17), Dijon (21), Le Département de la Drôme, Fundao (Portugal), Grenoble (38), Le Rouret (06), Mollet Del Valles (Espagne), Mouans-Sartoux (06), Moussy-le-Neuf (77), Nîmes Métropole (30), Le Pays des Condruses (Belgique), Pernes-les-Fontaines (84), Rossignano (Italie), Södertälje (Suède), Strasbourg (67), Troyan (Bulgarie) et Vitoria (Espagne).