Contre l’installation d’un Mc Do, une fête de l’alimentation durable sur l’île d’Oléron

Du 20 au 22 avril, la commune de Dolus d’Oléron célèbre le Printemps de l’alimentation durable sur la ZAD (zone alimentaire durable), site d’une ancienne colonie de vacances. En toile de fond, la poursuite de la résistance ouverte contre le projet de construction d’un restaurant fast food.

Grégory Gendre, maire de Dolus d’Oléron, convaincu que l’alimentation durable vaut mieux qu’une alimentation rapide. Image France 2

300 € par jour. C’est l’amende que doit payer la ville de Dolus d’Oléron, en Charente-Maritime, depuis le 21 octobre dernier. Membre du réseau de collectivités d’Un Plus Bio, Dolus est engagée depuis le début du mandat de Grégory Gendre, le maire, dans un bras de fer contre l’enseigne McDonald’s, laquelle souhaite bâtir son premier restaurant sur le territoire insulaire resté jusqu’alors à l’écart de la cartographie commerciale de l’enseigne américaine.

Devant son refus d’accorder le permis de construire pour des motifs d’ordre technique, le juge administratif a contraint la collectivité à obtempérer ou, à défaut, à payer une amende dont le montant finit par compromettre une partie du budget municipal.

Rien qui n’entame pour autant la volonté politique du conseil municipal d’opposer, au modèle de la restauration rapide incarné par McDonald’s, le projet de faire vivre une ZAD locale, plus précisément une Zone d’alimentation durable. La mairie, propriétaire depuis le mandat précédent du site d’une ancienne colonie de vacances sur quatre hectares laissée à l’abandon, souhaite impulser la création d’un tiers lieu dédié à l’alimentation durable, bio et locale, assorti d’activités et d’attractions censées répondre aux besoins des habitants dont une partie de la jeunesse.

« Sur le plan judiciaire, on en saura plus vers la mi-juillet, date à laquelle la cour d’appel de Bordeaux doit se prononcer sur le dossier », explique Grégory Gendre qui évoque la somme de 30000 € provisionnée à ce jour pour répondre au paiement de l’astreinte judiciaire. Une campagne de collecte est toujours en ligne sur le site participatif Helloasso.

« Je comprends que tout le monde ne soit pas informé des enjeux que cela pose, mais je compte aller jusqu’au bout de la démarche… »

En attendant, la population est invitée à célébrer une triple journée baptisée Printemps de l’alimentation durable, du 20 au 22 avril. Au menu, projection de films, débats, arts de la rue, restauration bio et locale. Gilles Pérole, président d’Un Plus Bio, sera de la partie, au côté du sénateur Joël Labbé ou du restaurateur militant parisien Xavier Denamur. Ancien cadre de Greenpeace et élu engagé dans une politique alimentaire de territoire qui honore la cantine (en instance d’accéder au niveau 3 du label En Cuisine d’Ecocert), Grégory Gendre assume politiquement son positionnement. « Ma priorité, c’est de répondre aux préconisations du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et au besoin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, sur la base du scénario Afterres de Solagro et de l’association Négawatts. Je comprends que tout le monde ne soit pas informé des enjeux que cela pose, mais je compte aller jusqu’au bout d’une démarche dont l’objectif est le vivre ensemble et le bien de la population. »

La ZAD défendue par la mairie va voir s’ériger un pôle à vocation agricole, économique et sociale, avec l’installation de l’antenne locale des Restos du Coeur, une dizaine de parcelles de jardins partagés, un atelier cuisine, une compagnie d’arts de rue, un espace de skate pour les jeunes, un lieu ressource pour développer la reprise d’espaces fonciers agricoles disséminés, l’installation d’agriculteurs. Une éleveuse de moutons est sur place depuis peu, qui a bénéficié de la possibilité de faire paître ses bêtes sur quelque 70 hectares.

« Qu’a réussi Mc Do depuis que ça existe en France ? Je reconnais que ce qui fonctionne, c’est l’ouverture à toutes les catégories de population, la connexion en wifi, le fait de pouvoir laisser ses enfants tourner comme des hamsters dans les aires de jeu, le temps de séjour libre offert aux visiteurs. Cela doit aussi nous amener à réfléchir sur ce qu’on propose aux habitants, aux touristes, sur un modèle plus crédible qui allie des espaces d’usage et d’activité économique profitables à tous », conclut le maire.

Programme complet du Printemps de l’alimentation durable

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