Reportage : dans le Vercors, l’union de cinq crèches fait la force des bons repas

Grâce à l'intervention du Parc naturel régional du Vercors et le projet "Alimentation-santé-territoires", les repas sont devenus majoritairement bio, locaux, de saison, et faits maison à la rentrée. "C'est la fin des repas tupperware !", observe une maman

Grâce à l’intervention du Parc naturel régional du Vercors et le projet « Alimentation-santé-territoires », les repas sont devenus majoritairement bio, locaux, de saison et faits maison à la rentrée. « C’est la fin des repas tupperware ! », observe une maman.

Depuis la rentrée de septembre, dans le pays de Royans (Isère), un réseau de cinq points d’accueil des tout petits expérimente les repas à base de produits locaux, majoritairement bio, de saison et faits maison. Avant, chaque crèche se débrouillait, « ça courait dans tous les sens pour réchauffer les boîtes en plastique préparées par les parents, les enfants n’avaient pas toujours droit à un vrai repas », témoigne Marielle Villard, jeune maman et vice-présidente du multi-accueil Les Pillous à Saint-Laurent-en-Royans (Drôme).
Publiée en 2011, une circulaire impose aux établissements accueillant les très jeunes enfants de prendre en charge les repas de midi ainsi que les goûters. Deux solutions étaient envisageables : soit continuer de travailler en solo, soit se réunir autour d’un projet commun. Après quelques débats, réflexions et visites d’une crèche équipée de sa propre cuisine à Saint-Nizier-du-Moucherotte, il a été décidé de conduire un projet collectif à l’échelle du territoire de deux communautés de communes et cinq points d’accueil.

Le traiteur local passe de 10 à 60 repas par jour

Le parc naturel régional du Vercors, qui développe depuis quelques années le projet « Alimentation-Santé-Territoires », a été le facilitateur et le rassembleur des acteurs. Concrètement, l’aventure se traduit par la désignation d’un prestataire qui livre quotidiennement des repas essentiellement bio, locaux, équilibrés à chaque structure. Le restaurateur le Dragon Vert, dirigé à Presles (Isère) par un couple de gérants, a pu participer au projet sous la condition de mutualiser le service. Il est ainsi passé de 10 à 60 repas/jour, ce qui lui a permis de consacrer les investissements nécessaires à son extension. Les menus, un pour les enfants d’un an, un autre pour les plus âgés, sont validés par un médecin de la PMI (Protection maternelle infantile) de l’Isère. En interne, une maman diététicienne donne également son avis tandis qu’une commission va être créée qui fera des points réguliers dans l’année sur le nouveau service. Mais déjà, les motifs de satisfaction émergent : « Les enfants attendent avec impatience la livraison des repas. Il y a beaucoup de convivialité, ils mangent avec les adultes, en fait il y a un vrai temps du repas, observe Marielle, même des enfants éventuellement difficiles à nourrir se mettent à manger de tout. C’est la fin du repas tupperware ! »

Les producteurs de la région associés, rassemblés par le Parc du vercors

Le traiteur travaille en lien avec les producteurs du Vercors et de la région pour assurer ses approvisionnements en viande, fruits et légumes locaux. C’est lui qui prépare tous les plats, jusqu’aux yaourts à base de lait cru livré périodiquement par un producteur en cuisine.
Ce nouveau service de restauration a évidemment généré des coûts. Lesquels sont pris en charge intégralement par la collectivité. Marielle Villard précise les montants : « Un repas (plat, dessert et goûter) coûte 5,50 euros livré. Cela représente un budget de 18 500 euros juste pour notre structure pris en charge par la communauté de communes. Il reste à notre charge le surcoût dû au salaire de la personne en cuisine (environ 2 heures/jour), ce qui représente environ 7 500 euros pour une année. »

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