Deux cuisiniers d’Un Plus Bio invités comme formateurs en Cisjordanie

Lionel au centre de formation de Naplouse, avec les étudiants.

Arrivé en Israël, Lionel Senpau se rappellera longtemps du fort contraste des paysages : « Dans les territoires palestiniens, beaucoup de pauvreté, des bâtiments jamais finis, une terre très aride voire carrément hostile, alors qu’en Israël on a presque l’impression d’être en France, c’est vert, il y a des quartiers avec de belles maisons, tout est bien équipé… » Le cuisinier de la cantine de Manduel (Gard) retiendra surtout « l’extrême gentillesse et la qualité de l’accueil » de ses hôtes, durant son périple qui l’a conduit de Naplouse à Jericho en passant par Jenine et Jerusalem, tout début avril. Pour Stéphane Brette, cuisinier formateur à Un Plus Bio, « au-delà de la claque géopolitique qu’on prend dans cette région très compliquée, je retiens de ce voyage que la vraie cuisine vivante que j’aime est d’une importance capitale. Ici dans les territoires palestiniens, rien ne pousse hors sol, tout est vivant, le problème de l’eau est crucial, et ce qu’il y a dans l’assiette prend plus de sens qu’ailleurs ».

Avec Stéphane, petit détour par le Mur des lamentations.

Des rencontres, des rires, du partage, de la transmission, voilà ce que la cuisine sait offrir de plus convivial quand on se met à table. Avec Stéphane, Lionel a passé une semaine en Israël et dans les territoires palestiniens à l’invitation de l’Institut français de Jérusalem. Tous deux participaient à la cinquième édition des « Semaines de la gastronomie française » qui ont pour but d’enrichir les échanges entre la France et les acteurs locaux de l’alimentation. En filigrane, la politique n’était jamais loin, la tradition diplomatique française consistant à faire avancer ses pions sur la question palestinienne. Mais nos cuisiniers n’étaient pas là pour s’y frotter, leur but était simplement de partager avec des étudiants, des jeunes et des chefs de restaurants leurs  recettes de galettes bretonnes, de plats sans oeufs (il fait jusqu’à 50°c à Jéricho l’été, pas simple) ou encore de ratatouilles.

En tout, dix-sept intervenants français étaient accompagnés de professionnels palestiniens : chefs cuisiniers, artisans pâtissiers, chocolatiers, boulangers, fromagers, sommeliers, crêpiers, autant d’intervenants de plusieurs restaurants, associations et écoles palestiniennes.

Stéphane Brette à l’œuvre en cuisine.

Les équipes mélangées ont réalisé des menus à quatre mains, participé à des ateliers de dégustation. Lionel et Stéphane ont été invités pour partager leurs savoir-faire culinaires en collectivité, sur un territoire où les cantines n’existent pas, « les gamins retournent chez eux entre midi et deux car il n’y a quasiment pas de temps périscolaire ».

Avec le chef Muhamad, professeur de cuisine du centre de formation de Naplouse, lors de la remise du livre de recettes d’Un Plus Bio « Je veux manger comme à la cantine bio ! »

Beaucoup d’échanges, mais aussi un peu de tourisme. Stéphane et Lionel se sont rendus au Mur des lamentations, ils ont visité la vieille ville de Jérusalem et le Saint-Sépulcre. Plus insolite, ils ont emprunté une fameuse petite route des légumes palestinienne qui les a embarqués sur un périple de jardins disséminés afin d’y cueillir à maturité les produits du jour qui ont fait le menu du soir à leur retour. « Les territoires de Cisjordanie sont surprenants, ils changent entre chaque ville, de Naplouse à Jéricho en passant par Hébron ou Ramallah. Tantôt des oasis, tantôt du sable et des cailloux, tantôt des sources pures jaillissant de la vallée du Jourdain… », résume Stéphane.

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