La restauration collective consolide l’agriculture du Vercors

Il est des régions de France qui cultivent le sens de l’organisation. Dans le parc naturel régional du Vercors, la profession agricole est de celles qui sait se serrer les coudes et converger vers une forme d’harmonie économique. Rassemblés au sein de l’Apap (Association pour la promotion des agriculteurs du Parc) depuis plus de quarante ans, les producteurs du Vercors dont les plus anciens sont à l’origine même de la fondation du parc naturel, sont les champions du circuit court.

L'élevage domine dans l'agriculture du Vercors, ici en Gervannes. Photos Apap

L’élevage domine dans l’agriculture du Vercors, ici en Gervannes.
Photos Apap

Les contrastes et le relief du paysage local y sont pour beaucoup, où il faut savoir composer avec des contraintes logistiques et de transport quotidiennes. Néanmoins, les paysans du parc ont toujours su s’associer pour faire évoluer leurs pratiques, en gagnant de nouveaux débouchés dont le dernier est lié au marché émergent de la restauration collective.
Comme ailleurs sur le territoire, les cantines représentaient rarement des lieux de vente directe pour les agriculteurs. Mais depuis que le Parc du Vercors a mis en place le programme Alimentation santé et territoires, en 2010, les regards réciproques évoluent.

Le pain bio entre dans les écoles avec Cécile Raffetin, productrice de céréales et paysanne boulangère.

Le pain bio entre dans les écoles avec Cécile Raffetin, productrice de céréales et paysanne boulangère.

Imaginé dès 2005 par le Centre permanent initiatives pour l’environnement du Vercors (CPIE), ce projet vise à améliorer la qualité des repas en restauration collective,  conforter l’économie du territoire en favorisant l’utilisation de produits locaux, favoriser le respect de l’environnement (12% des agriculteurs du parc sont en bio !) et promouvoir le territoire du parc régional.

Au début, la question était de savoir comment s’organiser. Monter une plate-forme de distribution comme celle de Manger Bio d’Ici Alpes-Bugey à Grenoble ? Pas tout à fait : la faisabilité d’un projet a été largement étudiée, pour arriver à la conclusion qu’il n’était pas nécessaire de bouleverser les modes de vente directe existants (restaurants, centres de vacances, boutiques paysannes, etc.) ni d’instituer de nouvelles formes de concurrence inutile. Aussi, le choix a été retenu de continuer sur le même chemin en étoffant la production qui trouve un nouveau débouché au gré des besoins, en partenariat avec les plates-formes déjà implantées…
Les producteurs de l’Apap sont des montagnards, l’altitude moyenne est de 1000 m, la production de fruits et légumes, hors les mûres et les framboises, est donc limitée. Les points  forts de la production se situent davantage dans le lait et les produits laitiers, le poisson (avec la marque locale de truites et salmonidés du Vercors), le miel, la confiture, le pain.

Magali Charruau apap

Magali Charruau, productrice de noix et membre du réseau « Fermes en Vercors ». La vente directe est historiquement développée dans la région.

Pour la viande bovine, « c’est un peu plus compliqué , confie Aurélie Gachon, chargée de mission à l’Apap, car la restauration collective ne travaille pas avec tous les morceaux, on réfléchit donc encore au moyen de rentabiliser des bêtes entières ». Par ailleurs quelques jeunes candidats veulent s’essayer au maraichage. Mais quand ils ne sont pas confrontés au climat, rudement frais, c’est la recherche de foncier disponible qui modère leurs ardeurs.
A ce jour, il est difficile de chiffrer le volume des transactions en RC bio. Ce qui est acquis, c’est que la vente directe en Vercors est consolidée par l’émergence de ce nouveau marché en mouvement.

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