« Les cantines intéressent de plus en plus le monde de la pêche »

François Gallet.

François Gallet est chargé de mission au CIDPMEM 64-40, le comité des pêches maritimes des Pyrénées-Atlantiques (PA) et des Landes. Il accompagne une filière qui, grâce à l’action du Département des PA, trouve de précieux débouchés dans les cantines de collèges. C’est lui qui conduira la visite du port et de la criée de Saint-Jean-de-Luz / Ciboure le 28 mars prochain, dans le cadre de notre Tour de France des cantines rebelles.

Un Plus Bio : La pêche sur le littoral sud-atlantique, ça représente quoi ?

François Gallet : Près de 150 navires sont rattachés au comité des pêches dont une centaine basée dans les ports basques et sud-landais, de Capbreton à Hendaye, avec des navires de 6 à 20 m (60 % des navires font moins de 12 m). Les autres navires, de plus grand taille, sont basés dans d’autres ports en Espagne, en France, en Irlande et même au Sénégal.

Depuis 2010, le Département des Pyrénées-Atlantiques a mis en place le programme « Manger Bio&Local, Labels et Terroir », qui développe dans les collèges et les Ehpad une politique alimentaire de qualité. En quoi cela profite-t-il aux acteurs de la pêche ?

La restauration collective les intéresse en effet de plus en plus, d’autant qu’il y a une forte volonté du Département des PA de développer la relocalisation alimentaire dans les cantines. C’est aussi un des axes de développement du programme de DLAL (Développement Local mené par les Acteurs Locaux), du FEAMP (Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche) 2014-2020. Porté localement par le comité des pêches, ce programme a entre autres objectifs celui de valoriser économiquement et de renforcer la filière pêche locale sur le territoire. Cela se traduit par un dialogue et de nombreux échanges entre les acteurs du secteur pêche et les acteurs des autres filières du territoire, les collectivités locales, les services de l’État. L’idée est de mieux faire connaître l’univers de la pêche, ses métiers, ses acteurs et ses produits.

« Quand une démarche professionnelle comme celle du comité des pêches rencontre la volonté politique d’une grande collectivité, il y a des choses à faire ensemble. »

Pour les cantines, trois entreprises locales de mareyage sont aujourd’hui agréées, signataires de la charte « Manger Bio&Local, Labels et Terroir », travaillant pour la restauration collective en suivant un cahier des charges précis. Par ailleurs deux cuisiniers, formateurs référents d’établissements scolaires d’Anglet et de Saint-Jean-de-Luz, font régulièrement des sessions de formation de personnels de cuisine des collèges et des Ehpad. Un dialogue fécond se noue ainsi entre les professionnels de la pêche et les cuisiniers, où chacun découvre les forces, les contraintes et les attentes de l’autre. Des arrangements sont trouvés sur les variétés et tailles des poissons, le problème des arêtes, les différents goûts, les couleurs, les facilités de cuisiner… Enfin, la filière pêche locale est toujours représentée aux différentes édition du Forum annuel « Manger Bio&Local, Labels et Terroirs » où se rencontrent producteurs et gestionnaires d’établissements, comme l’an dernier à Salies-de-Béarn.

Manger du poisson local est donc possible, ainsi que renoncer aux filets de hoki et de colin venus d’océans lointains ?

Tout à fait ! Quand une démarche professionnelle comme celle du comité des pêches rencontre la volonté politique d’une grande collectivité, il y a des choses à faire ensemble. Cela renforce les entreprises locales de la filière, l’emploi, les circuits courts, et valorise le poisson de saison. Au final ça permet de redécouvrir une filière historiquement liée à la vie du littoral en lien avec la population locale toujours plus nombreuse, ainsi que les touristes, qui désirent en savoir plus sur la vie économique de leurs lieux de séjour. D’ailleurs quand Anne-Line Plantefève, au Département, m’a proposé de faire visiter le port de pêche et la criée de Saint-Jean-de-Luz / Ciboure dans le cadre du Tour de France des cantines rebelles le 28 mars prochain, j’ai tout de suite dit oui !

Le port de Saint-Jean-de-Luz, où le modèle d’une pêche à taille humaine domine.

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