Quand l’alimentation des seniors est source de plaisir et de longévité

La dénutrition guette les personnes âgées dans les Ehpad. Mais pas dans nos exemples !

L’année 2018 a vu se multiplier les reportages et les débats sur le développement de la maltraitance dans les Ehpad : conditions de travail éprouvantes, personnels en sous-effectif, patients livrés à eux-mêmes. Dans un pays en voie de vieillissement qui signe la fin des années baby-boom, la question de l’accompagnement des personnes âgées vers la fin de vie est devenue cruciale.

Des initiatives vertueuses se développent pourtant, qui attirent la lumière et dont on devrait s’inspirer. Au sein des partenaires d’Un Plus Bio, trois Ehpad remarquables ont été mis en avant, lors d’un colloque (toutes les photos ici) organisé le 11 décembre par Un Plus Bio en partenariat avec le conseil départemental du Gard pour aider au développement de la politique alimentaire durable départementale, au Pont du Gard. Ces établissements ont fait de l’alimentation le cœur de la vie en collectivité.

Celui de Clapiers d’abord, dans l’Hérault. Au Foyer du Romarin, René Galibert nourrit chaque jour une centaine de pensionnaires avec plus de 80% de bio et 60% de local, pour un tarif inférieur à 6,00 € par jour pour quatre repas (petit-déjeuner, déjeuner, collation, dîner) ! En plus de choyer ses convives par du fait-maison de l’entrée au dessert, le cuisinier a réussi à éloigner de la dénutrition des personnes qui souffraient jusqu’alors de divers déséquilibres. Plus de produits frais, de saison, en vrac, épluchés en cuisine, des cuissons basse température, zéro adjuvant, pas d’additifs ni d’OGM et un regard vigilant porté sur les fournisseurs. « Au fil des années, la qualité des repas que nous servions s’était dégradée à cause de l’utilisation massive de produits standardisés issus de l’industrie agroalimentaire, résume le directeur Michel Aimonetti. Nous ne faisions plus que de la cuisine d’assemblage à partir de produits prêts à l’emploi. Il fallait que cela change ! » Les communes elles-mêmes peuvent agir, comme c’est le cas à Manduel (Gard) où le chef Lionel Senpau a réussi, par une offre alimentaire de qualité, à mettre en place des plats végétariens pour les aînés qui, aujourd’hui en redemandent !

Colloque du Pont du Gard, le 11 décembre, sur la politique alimentaire du Département gardois, avec le témoignage d’acteurs d’Ehpad.

Autre exemple, qui a reçu en novembre dernier une Victoire des cantines rebelles, les deux Ehpad de Mens et Corps, en Isère, réunis autour d’un même plan alimentaire. Jean-Marc Pizot développe le projet d’établissement né en 2016, qui fédère l’équipe en cuisine, les résidents, mais aussi les personnels soignants et administratifs. L’alimentation est érigée en source de bien-être et de soin global apporté aux quelque 140 pensionnaires. Actuellement, 23% des achats alimentaires sont en bio et 32% en local, l’approvisionnement en direct s’opérant essentiellement sur les fruits, légumes et viandes. Un repas végétarien a également été instauré chaque semaine. Associés, les convives participent même de temps en temps, et avec plaisir, à l’épluchage des légumes !

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