Valbonne : les chèvres anti-incendie de la Côte d’Azur feront aussi du fromage

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Emmanuel, Françoise et leurs deux enfants, nouveaux chevriers installés grâce à un soutien de la ville.

Ce sont des petites histoires comme on les aime et qui donnent un air neuf aux installations agricoles soutenues par les collectivités, même sur des terres connues pour être parmi les plus chères de France. Dans les Alpes-Maritimes, à Valbonne (membre du Club des Territoires Un Plus Bio), Emmanuel Durst, Françoise Bonnefoi et leurs deux enfants vont pouvoir concrétiser un vieux rêve : vivre de l'agriculture en produisant des fromages de chèvres bio mais pas seulement… Le projet du couple participera aussi à lutter contre le risque incendies, particulièrement vif dans la région, et s'ouvrira au public avec la découverte des activités de la ferme. «Le maire de Valbonne avait l'idée en tête depuis longtemps de construire une chèvrerie sur le territoire de la commune pour voir un troupeau s'installer, résume Françoise. Quand on a vu que le projet prenait enfin tournure, on a sauté sur l'occasion. Notre souhait est de faire aboutir un grand projet où le fromage, notre futur principal revenu économique, sera aussi le support à recevoir le plus d'enfants possible pour leur faire d'ouvrir la paysannerie, le soin des animaux et la fabrication d'un produit alimentaire de qualité !»  Philippe Vivarelli, élu à l'agriculture, à l’agropastoralisme et au patrimoine, confirme que « la mairie a fait construire le bâtiment d’exploitation qu'elle loue, ainsi que les terrains alentours. Un des buts est le débroussaillage des forêts dans le cadre de la lutte contre les incendies »

Levée de fonds participative

Située en face du lycée Simone-Veil, route de Biot, la chèvrerie de Valbonne comprendra une soixantaine de chèvres et deux boucs de race Alpine chamoisée. Le troupeau fera de l’éco-pâturage avec l’aide des deux chiens border collie, sur les 25 hectares de parcours adjacents à la chèvrerie. Françoise et Emmanuel produiront du fromage au lait cru d’ici début 2018, après la mise bas des premiers chevreaux. "On mise sur une production de 40 000 litres de lait, avance la chevrière en devenir et le fromage sera vendu directement à la ferme, sur les marchés, les AMAP, les coopératives bio et dans les épiceries et restaurants environnants". Avec un peu de chance, « le restaurant intergénérationnel de la commune aura aussi droit à quelques livraisons », espère Philippe Vivarelli. chevrerie valbonne unplusbioPour financer leur projet, Françoise et Emmanuel ont lancé une levée de fonds participative sur le site Mimosa, avec succès : ils viennent de réunir la somme de 10 100 €, soit 100 € de plus que la barre qu’ils s’étaient fixés, sans laquelle le projet n'aurait pas reçu le coup d'accélérateur attendu. « Avec cette somme on est sûrs de pouvoir acheter le troupeau, il faut en effet compter 250 € par chèvre plus le transport depuis Mâcon, en Saône-et-Loire, on monte donc rapidement à 16 000 ou 17 000 €. » Les locataires de la chèvrerie municipale demeurent encore à Mougins, une commune voisine, mais ils logeront bientôt tout près de la ferme. Ils vont emménager dans une petite maison restaurée par l'Inra, propriétaire des murs.

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